Une aide extraordinaire de 10 millions face à la sécheresse?
Deux députés demandent une subvention non remboursable de 10 millions pour l'agriculture fribourgeoise. Le Canton est moyennement d'accord.

La sécheresse de cet été a entraîné, dans tout le canton de Fribourg, des pertes de rendement considérables et des coûts supplémentaires dans le secteur agricole. Face à ce constat, les députés Eric Barras (UDC) et Adrian Brügger (UDC) ont demandé, début septembre, que le Conseil d'Etat établisse un plan d'aide exceptionnel de 10 millions de francs, sous forme de subventions non remboursables.
Dans le cadre de ce cette demande, déposée sous la forme d'une motion, les deux élus précisent que "cette aide doit être versée rapidement et sans formalités administratives". Les auteurs précisent d'ailleurs dans leur texte que "les données nécessaires sont déjà disponibles auprès de l'administration". Enfin, ils estiment que l'Etat peut recourir, au besoin, à des fonds extraordinaires, notamment aux distributions de la BNS.
Des mesures ont déjà été prises
La réponse du Conseil d'Etat a été diffusée ce mercredi matin. Globalement, les autorités cantonales reconnaissent que les exploitations agricoles ont dû faire face, cette année, à des difficultés exceptionnelles. Cela dit, il rappelle que plusieurs mesures ont déjà été prises, comme le versement anticipé des paiements directs ou la suspension des taxes douanières pour l'importation de fourrage.
Malgré tout, le Canton convient qu'il reste nécessaire d'agir et soutient l'idée des motionnaires d'accorder une aide exceptionnelle à l'agriculture d'au moins 10 millions de francs. Mais pas sous forme de contributions à fonds perdu, sinon en renforçant les instruments existants, notamment les prêts d'aide aux exploitations et les crédits d'investissement. De plus, il s'oppose à une répartition forfaitaire à toutes les exploitations. Pour le Conseil d'Etat, la répartition doit cibler celles qui ont été le plus sévèrement touchées. Au vu de ce qui précède, il propose donc au Grand Conseil de fractionner la motion. Et, si tel ne devait pas être le cas, de la refuser.
De nouveaux crédits seraient difficiles à rembourser
Contacté, Eric Barras commente: "Je suis moi-même agriculteur et je constate que nous avons des bêtes qui mangent déjà du foin depuis début juillet, dans nos régions. On sait donc que l'hiver sera dur, les réserves de foin ayant déjà été entamées." Le député déplore en particulier que les aides ne soient pas à fonds perdus, car les exploitations sont souvent déjà grevées par des prêts existants. "Ainsi, si on prend de nouveau crédits d'investissements pour acheter du fourrage, ça va être une charge supplémentaire qui va être difficile à rembourser."


