Conseil d'Etat: mode d'emploi!

En novembre, nous devons élire un nouveau gouvernement. Que font concrètement les ministres? A quoi ressemble leur semaine? On vous dit tout!

Le Conseil d'Etat actuel. De g. à dr.: S. Bonvin-Sansonnens, D. Castella, J.-F. Steiert, J.-P. Siggen, O. Curty, Ph. Demierre, R. Collaud et la chancelière D. Gagnaux-Morel. © KEYSTONE/ LAURENT GILLIERON

Aujourd'hui, deuxième focus en lien avec les élections cantonales, qui auront lieu les 8 et 29 novembre. Vous allez bientôt recevoir une enveloppe grise avec votre matériel de vote. Vous devrez choisir parmi 14 personnes pour 7 places. Pour vous aider à vous décider, un candidat ou une candidate sera en interview en direct chaque matin sur RadioFr. dès le 12 octobre. 

Que fait un conseiller ou une conseillère d'Etat?

Chacun ou chacune a sa propre direction, avec un domaine bien particulier: les finances, l’agriculture, l’aménagement du territoire, l’économie, la justice, l’école ou encore la santé.

Avec l’aide de son équipe, il va élaborer des lois, qu’il va ensuite faire voter aux députés du Grand Conseil, mais son quotidien est surtout de prendre une multitude de décisions, par exemple pour l'octroi de subventions, par rapport à des dossiers de permis de construire ou de demandes de soutien.

A quoi ressemble son agenda?

Les sept membres du Conseil d'Etat se retrouvent tous ensemble une fois par semaine sur une demi-journée. Le reste de leur temps est consacré en grande partie à des séances, soit à l'interne dans leur direction, soit avec d'autres partenaires fribourgeois ou d'autres cantons, mais aussi des discussions et des préparations de dossiers.

Beaucoup de blablas? "Oui, leur agenda comporte énormément de réunions, mais ce n'est pas du blabla inutile car ils doivent connaître un sujet parfaitement pour pouvoir au final prendre la décision adéquate", précise Danielle Gagnaux-Morel, chancelière depuis 21 ans.

Quelles qualités doit-il avoir?

La liste est longue: il faut être capable d'analyser et de comprendre rapidement une situation, avoir une vision d'ensemble et un sens politique aiguisé pour pouvoir prendre des décisions, mais aussi savoir résister au stress et aux critiques, tout en sachant se ressourcer. "Etre conseiller d'Etat demande beaucoup d'énergie. Ils sont un peu comme des top managers!", compare Danielle Gagnaux-Morel.

Quelle influence a-t-il réellement?

Lors de la campagne électorale, le parti de chaque candidat est fortement mis en avant. Une fois élus et à la tête d'une direction, est-ce que leur appartenance politique a encore beaucoup d'importance? Tout à fait, selon Danielle Gagnaux-Morel car les valeurs de chaque conseiller ou conseillère va déterminer sa vision de la société: "Si vous êtes pour la responsabilité individuelle ou si vous avez une fibre plutôt solidaire, vous allez proposer des solutions d'après cette sensibilité. A la fin, une décision du Conseil d'Etat est un mélange des deux côtés de la médaille", explique la chancelière.

Car oui, selon le principe de collégialité, les conseillers d'Etat doivent se mettre d'accord entre eux et chacun doit parfois par la suite défendre devant le Grand Conseil ou la population une position commune, qu'il n'aurait peut-être pas soutenue à titre personnel. 

Quel enjeu à droite?

Actuellement, la droite détient cinq sièges sur sept au Conseil d'Etat: 2 pour Le Centre (Jean-Pierre Siggen et Olivier Curty, qui démissionnent à la fin de cette législature), 2 pour le PLR (Didier Castella et Romain Collaud, qui se représentent) et 1 pour l'UDC (Philippe Demierre, qui veut aussi être réélu).

Ces partis ont conclu une alliance pour augmenter leurs chances de conserver ces cinq places. C'est grâce à cette même entente qu'ils ont décroché les cinq sièges, lors des dernières élections en 2021. 

L'enjeu est là: l'alliance de droite pourra-t-elle réitérer ces résultats cette année, en faisant élire deux nouveaux centristes au Conseil d'Etat (la conseillère nationale Marie-France Roth Pasquier et le député Markus Julmy)?

Et à gauche?

Une alliance composée des socialistes, des verts et du centre gauche compte bien l'en empêcher. Elle occupe actuellement deux places sur sept au Conseil d'Etat: un siège avec le socialiste Jean-François Steiert (qui démissionne) et un autre avec la verte Sylvie Bonvin-Sansonnens (qui se représente).

En plus de la conseillère d'Etat sortante, la gauche mise sur quatre candidats pour récupérer un troisième siège: trois socialistes (l'actuelle préfète de la Sarine Lise-Marie Graden, la députée Kirthana Wickramasingam et la conseillère communale Stephanie Tschopp) et un du centre gauche (le député Vincent Pfister).

Toujours à gauche, mais en dehors de cette alliance, de nouvelles formations, comme le parti Das Was (avec les candidates Ayana Abdulle et Sandy Maillard), pourraient aussi faire bouger les lignes.

En résumé, parmi tous les candidats se trouvent quatre sortants et dix "novices" (avec le vert'libéral Leonardo Gomez Mariaca et le conseiller général du parti des artistes Claudio Rugo). Le visage de notre Conseil d'Etat pourrait donc être très différent au mois de novembre.

Quels projets pour ces cinq prochaines années?

Voici quelques exemples de dossiers "chauds" qui auront un impact sur notre vie quotidienne: éoliennes, plan climat, finances, vieillissement de la population, éducation numérique dans les écoles, nouvel hôpital cantonal, couverture de l’autoroute A12 Chamblioux-Bertigny ou encore route de contournement Marly-Matran.

RadioFr. - Isabelle Taylor
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