Fribourg reconnaît le problème des livraisons hors horaires

L'Exécutif de la ville reconnaît une "surexploitation" des rues piétonnes et envisage notamment de revoir les dérogations faites aux livreurs.

Plusieurs dizaines de véhicules de livraisons circulent à la rue de Lausanne chaque jour en dehors des horaires de livraison. © Keystone

Le problème des livraisons dans les rues piétonnes de Fribourg est désormais reconnu par le Conseil communal, dans sa réponse à un postulat déposé par plusieurs élus socialistes. Un texte qui intervient alors que le développement du e-commerce multiplie les livraisons de petits colis dans toute la ville.

L’Exécutif communal admet qu’une "certaine souplesse dans l’octroi des dérogations non ponctuelles" a conduit à une multiplication des véhicules de livraison en dehors des horaires autorisés. Près d’une centaine d’autorisations annuelles ont été délivrées en 2024.

"C'est vrai qu'on se rend compte, après plusieurs années qu'il y a des dérogations qui ont été accordées, qui sont parfaitement justifiées à titre individuel, relève Simon Murith, conseiller communal en charge de la police locale et de la mobilité. Mais il est vrai que collectivement, cela crée une
sorte de surexploitation de la rue en dehors des heures admises".

La Ville envisage donc de revoir les conditions d’octroi, en s’inspirant notamment de Neuchâtel, qui a fortement resserré les accès aux zones piétonnes après les heures de livraison en supprimant les dérogations annuelles. "On ne veut pas forcément aller autant loin, mais on doit se poser la question", explique Simon Murith.

Des pistes de réflexion

Pour l’élu, le problème est toutefois multifactoriel et ne repose pas que sur le problème des livreurs. D'autres acteurs occupent de plus en plus de place dans les zones piétonnes. "Il faut réfléchir aux besoins de livraison, à la présence des terrasses, des piétons, des trottinettes et à leur cohabitation avec les vélos." La Ville entend aussi promouvoir les livraisons à vélo-cargo, notamment avec des acteurs comme La Météore.

Des mesures concrètes ne sont toutefois pas attendues à court terme. "Ce ne sera en tout cas pas en 2026", prévient Simon Murith qui parle de un à deux ans avant d'obtenir des propositions concrètes par le Conseil communal.

Frapp - Thibaut Clémence
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