Législature 2021-2026: premier bilan des partis
A quelques semaines des élections cantonales, nous avons demandé à des chefs de groupe leur analyse des 5 années passées. Un bilan mitigé.

Cinq ans après son ouverture, la législature qui se termine laisse un sentiment mitigé chez les principaux groupes du Grand Conseil fribourgeois. Premier élément qui fait consensus: le Covid-19 a fortement marqué son début. La pandémie a imposé de gérer l’urgence et, selon plusieurs chefs de groupe, a retardé les grandes réformes qui auraient dû donner le ton de la législature.
Mais au fil des années, le Parlement a progressivement pris de l’assurance. Selon Antoinette de Weck, l’arrivée dans les nouveaux locaux du Grand Conseil a notamment renforcé les possibilités d’échanges entre députés. Pour la cheffe de groupe PLR, cette évolution a contribué à donner davantage de poids au législatif face au gouvernement.
Un Conseil d’État sur la sellette
C’est justement le Conseil d’État qui concentre une partie des critiques. Pour Grégoire Kubski, chef du groupe socialiste, son bilan est particulièrement décevant. Il s'est montré faible et n'a pas suffisamment joué son rôle de moteur du canton. Le député pointe notamment la politique d’austérité de l'Exécutif, finalement rejetée par la population.
À droite, le diagnostic est différent, avec aussi des réserves. Le centriste Christian Clément estime que le Gouvernement a parfois manqué de vision. De son côté, Flavio Bortoluzzi, chef du groupe UDC insiste sur la gestion financière de certains grands projets. Il cite le chantier de la BCU, l’évolution de son coût, même si son résultat final est aujourd’hui jugé positivement.
Parlement polarisé ou plus indépendant?
À droite comme à gauche, on estime que les rapports de force ont changé au sein du Grand Conseil. Selon Grégoire Kubski, la droite a souvent fait bloc, rendant difficile la recherche de majorités sur les propositions de gauche. Christian Clément, lui, refuse de parler d’une forte polarisation. Il affirme que les élus de son groupe votent avant tout selon leurs convictions.
Mais toutes et tous sont d'accord sur un point: le Parlement est devenu plus indépendant. Les députés n’hésitent plus à remettre en question des projets du Gouvernement, y compris lorsque ceux-ci proviennent de leur propre camp.
Des réussites malgré tout
La législature n’a pas été faite que de déceptions, soulignent aussi les chefs de groupe que nous avons interrogés. Grégoire Kubski mentionne la loi sur la culture comme un exemple de compromis réussi entre les partis. Autre avancée importante: la loi sur le climat, dont seul le canton de Fribourg est aujourd'hui doté.


