Fribourg: un enfant sur 25 sous mesures de protection
Le canton affiche l'un des taux de protection de l'enfance les plus élevés de Suisse: 40 enfants sur 1000 font l'objet d'une mesure.

Le nombre de cas traités par les autorités de protection de l'enfant et de l'adulte (APEA) a atteint un nouveau record l'an dernier, apprend-on ce mardi. À la fin 2025, 164'336 personnes faisaient l'objet d'une mesure en Suisse, soit une hausse de 3,4% par rapport à l'année précédente. Et le canton de Fribourg n'est pas épargné. Avec 2771 enfants soumis à une mesure de protection, il est l'un des cantons du pays y ayant le plus recours.
40 cas pour 1000 enfants
Le canton de Fribourg possède une population particulièrement jeune. Au 31 décembre 2025, près de 68'000 individus de moins de 18 ans y résidaient de manière permanente. Avec 2771 enfants soumis à des mesures de protection, le taux s'élève donc à 40,82 cas pour 1000 enfants. Selon les chiffres de la COPMA, seuls le Jura (51,19) et Neuchâtel (48,65) y ont davantage recours. Fribourg se situe ainsi nettement au-dessus de la moyenne suisse, qui avoisine les 32 cas pour 1000 enfants.
La grande majorité des cas concernent des curatelles (2178) et des mesures protectrices (236). Elles sont ordonnées pour protéger l'enfant lorsque son développement est menacé et que ses parents n'y remédient pas ou sont hors d'état de le faire.
Progression constante dans le pays
Ces chiffres confirment la progression constante observée depuis le début des relevés statistiques dans les années 1990, à raison de 2% à 3% par an. La tendance est particulièrement marquée sur la dernière décennie. Entre 2016 et 2025, le nombre de cas a augmenté de 20% dans le domaine de la protection des mineurs et de 26% pour les adultes, une croissance nettement supérieure à celle de la population sur la même période, constate la La Conférence en matière de protection des mineurs et des adultes (COPMA).
Cette évolution ne signifie pas automatiquement que la société va moins bien. "Ceux qui ont besoin d’aide la recherchent et l’obtiennent aujourd’hui plus souvent qu’il y a dix ans", explique Diana Wider, secrétaire générale de la COPMA, citée dans le communiqué.
Les problèmes sont donc détectés plus tôt, les troubles psychiques sont abordés plus ouvertement et les personnes concernées sont davantage disposées à accepter de l’aide qu’auparavant. En outre, les proches, les écoles, les hôpitaux pédiatriques, la police ainsi que les services spécialisés sont plus attentifs et interviennent plus tôt.
Limites de capacité
Mais ces chiffres montrent aussi que "le système d’aide en amont est fortement sollicité et parfois même surchargé", écrit la COPMA. Les longs délais d’attente en psychiatrie expliquent en partie la hausse constante du nombre de cas gérés par les APEA.
Les groupes de protection de l’enfant des hôpitaux pédiatriques gèrent toujours plus de cas. Les foyers d’accueil pour femmes, les centres de consultation et d’autres offres de soutien atteignent régulièrement leurs limites. Le vieillissement de la population entraîne aussi un besoin accru de soutien dans le domaine de la protection des adultes, notamment en raison de l’isolement social.
Difficile de trouver des personnes disponibles
Les APEA et les services des curatelles professionnelles font ainsi face à une charge de travail croissante. Si les curateurs privés aident à soulager le système, il s'avère difficile de trouver des personnes disponibles selon les régions et leur accompagnement n'est pas partout mis en place.
Selon le Canton, l’APEA est un tribunal ou une autorité quasi-judiciaire. Elle vise à protéger et assister les enfants et adultes ayant besoin d’aide et décide de la manière de les accompagner et prendre en charge au quotidien.


