Liam Rivera: "Je vais tout faire pour aller aux JO de 2030"

Après une saison 2026 exceptionnelle, le snowboarder singinois se projette déjà vers le prochain Freeride World Tour et les JO de 2030.

Liam Rivera lors de la finale du Freeride World Tour (FWT) à l’Xtreme de Verbier, sur le Bec des Rosses, le samedi 28 mars 2026. © KEYSTONE - VALENTIN FLAURAUD

Champion du monde de freeride en février, vainqueur de l’Xtreme de Verbier en mars et sacré rider de l’année, Liam Rivera a vécu une saison 2026 hors normes. Le snowboarder de Guin, champion du monde de freeride 2026, revient dans l'émission Ici c'est Fribourg sur ce qui a changé dans sa manière d’aborder la compétition, mais aussi sur son été entre préparation physique et stage en marketing. Et déjà, le Singinois a les yeux rivés vers le prochain World Tour et les Jeux olympiques de 2030.

Ecoutez l'intégralité de l'interview de Liam Rivera: 

L'interview de Liam Rivera pour Ici c'est Fribourg:

Radio Fribourg: Après une telle saison, avec notamment le titre de champion du monde et votre victoire à l’Xtreme de Verbier, quel regard portez-vous aujourd’hui sur ces derniers mois?

Liam Rivera: Je suis vraiment content de la saison que j’ai pu faire. Je pense que mes années précédentes m’ont beaucoup appris sur la manière de gérer le stress, la pression et moi-même dans ces situations. J’ai l’impression d’avoir vraiment appris de toutes mes erreurs cette saison et d’avoir réussi à bien exécuter quand il le fallait. Je suis très fier d’avoir réussi à mettre tout ça en place et que les résultats aient suivi. Après l’hiver, je me réjouissais aussi de profiter un peu de l’été. Mais maintenant, c’est cool de bientôt repenser à l’hiver et je me réjouis vraiment de la saison qui arrive.

Ces résultats ont-ils changé le regard des autres sur vous, notamment celui de vos concurrents?

Je pense que oui et non. Les gens qui me connaissent savent que je me vois toujours de la même manière. J’ai encore des objectifs que je veux atteindre. Le freeride reste quand même un petit sport de niche. En même temps, je pense que certains compétiteurs se sont dit: "Ah ouais, Liam s’est réveillé un peu!" Ils me voient peut-être davantage comme une concurrence qu’avant. Mais j’essaie de ne pas trop y penser. Je préfère me concentrer sur moi, sur ce que je peux améliorer. Tant que je trouve des aspects dans lesquels je peux encore progresser, c’est là-dessus que je me concentre. Et j’espère que les performances suivront à nouveau.

Vous êtes désormais professionnel. À quoi ressemble l’été d’un freerider après une saison aussi intense?

Mon été ne ressemblait pas forcément à celui de beaucoup d’autres freeriders. Cette année, j’ai fait un stage en marketing et j’y suis encore. J’espère pouvoir le terminer bientôt pour me concentrer davantage sur l’hiver. À côté de ça, j’ai fait pas mal de salle et de renforcement musculaire. On n’est jamais vraiment tranquille! Mais j’aime aussi profiter des moments plus calmes: aller au lac, à la rivière ou pratiquer d’autres sports. Un été plus classique pour un freerider, ce serait plutôt de partir dans l’hémisphère sud vers août-septembre pour faire du snowboard. J’espère pouvoir le faire ces prochaines années, mais ce n’était pas possible pour moi cette fois.

Vous avez choisi de faire ce stage en marketing malgré votre statut de sportif professionnel. Pourquoi est-ce important pour vous?

Je pense que le sport, c’est génial, même si tout va très bien pendant plusieurs années. À un moment donné, ça va s’arrêter, et il y a aussi la vraie vie à côté. Pour moi, c’était donc important de travailler un peu sur ma carrière professionnelle en dehors du sport. J’essaierai peut-être de faire la même chose lors d’autres années, pas forcément sous la forme d’un stage comme maintenant, mais tant que je peux le combiner avec le snowboard, je trouve ça important. 

Mon objectif est évidemment de faire les étapes du World Tour et d’essayer de gagner le titre.

Le freeride se pratique sur la montagne, mais vous n’avez pas toujours accès à votre terrain de jeu. Comment vous entraînez-vous dans ces conditions?

Je trouve justement que le freeride intègre toutes les disciplines. Rider sur piste permet de travailler le carving et d’améliorer sa technique. Aller sur les sauts ou dans un snowpark permet de travailler le freestyle. Si tu pratiques tes tricks, tu peux ensuite arriver à les faire en freeride. J’aime aussi m’entraîner sur les trampolines, dans les bacs à mousse ou sur l’airbag. Chaque petit élément peut aider à progresser. Je vois donc plutôt toutes ces disciplines comme complémentaires.

La prochaine étape sera le Freeride World Tour. Quel sera votre objectif pour cette nouvelle saison?

Mon objectif est évidemment de faire les étapes du World Tour et d’essayer de gagner le titre. Mais chaque saison est différente. Je vais essayer de me concentrer sur une étape après l’autre. J’espère surtout pouvoir profiter à fond de la saison. L’hiver dernier, je me suis beaucoup concentré sur les compétitions, mais j’ai aussi pris énormément de plaisir avec mes potes. On a beaucoup ridé en dehors des compétitions et beaucoup progressé ensemble. C’est une expérience assez unique et j’aimerais garder cet aspect-là. Tant que je peux prendre du plaisir, je pense que je vais aussi mieux rider et, peut-être, mieux performer.

C’est vraiment cool d’avoir les Jeux olympiques de 2030 comme objectif. Je vais essayer de faire tout ce que je peux pour y être.

Et il y a déjà un objectif encore plus lointain dans votre tête: les Jeux olympiques de 2030, où le freeride doit faire son entrée. Vous y pensez déjà?

Oui, bien sûr. On ne regarde plus seulement vers la prochaine saison ou l’année suivante: on pense aussi à 2030 et aux Jeux olympiques. Pour l’instant, je ne peux pas vraiment influencer grand-chose puisque les qualifications auront lieu en 2029. Mais je vais essayer d’être en position de me qualifier à ce moment-là. Je sais que le Freeride World Tour jouera un grand rôle dans les qualifications. Mes trois ou quatre prochains hivers seront en partie dictés par le World Tour. J’espère aussi avoir d’autres possibilités à côté, comme des projets vidéo ou des collaborations avec mes sponsors, peut-être durant l’été ou dans l’hémisphère sud. Mais c’est vraiment cool d’avoir les Jeux olympiques de 2030 comme objectif. Je vais essayer de faire tout ce que je peux pour y être.

RadioFr. - Léo Martinetti
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