Morat-Fribourg voit rose contre le cancer du sein
C’est reparti pour Octobre Rose. Cette année, des patientes de réadaptation oncologiques participeront à Morat-Fribourg pour sensibiliser au dépistage.

Elles ne courront pas seulement pour franchir la ligne d’arrivée. Mais pour prouver à la foule qu’elles en sont capables malgré le cancer. Dimanche, un groupe de patientes en réadaptation oncologique à l’HFR participera à Morat-Fribourg, aux côtés de membres du Service d’oncologie. L’objectif n’est pas le chrono, mais de rester soudé, à pied ou en courant. Après une première course l’an dernier avec un départ de Courtepin, le défi cette fois-ci est de boucler le tracé complet de 17,1 kilomètres. Sur leurs t-shirts roses, un même message sera visible pour les visiteurs: "Actives ensemble, chaque pas compte".
Anne-Laure Wicht devait être de la partie. Notaire à Fribourg, domiciliée au Mouret, elle avait déjà participé l’an dernier à la marche depuis Courtepin à Fribourg avec ses camarades de réadaptation. Cette année, elles voulaient aller plus loin et partir de Morat. Une douleur articulaire récente l’a finalement poussée à renoncer. Mais pour Anne-Laure, cela fait partie des aléas qu’il faut accepter avec le traitement: "il faut écouter son corps. Cette année, moi, je ne peux pas." Pour elle, ce choix fait aussi partie du message: le sport reste important, mais chacun doit avancer à son rythme.
On marche en groupe. Avec la foule, ça aide à avancer et à visibiliser la cause.
Elle reste néanmoins convaincue par le sens de cette action: "C’est pour sensibiliser les gens. On porte toutes les mêmes t-shirts. On marche en groupe. Et puis, c’est vrai que cet effet de groupe et la foule, ça aide à avancer et à visibiliser la cause."
Le canton se pare de rose
La cause, c’est le réflexe du dépistage du cancer du sein dès 50 ans. Et cette course est l’une des nombreuses actions du mois de la désormais traditionnelle campagne d’Octobre Rose.
Comme chaque année, le Carac Rose revient pour sa cinquième édition dans plus de 450 boulangeries partenaires, dont plus d’une cinquantaine dans le canton de Fribourg. Et l’action franchit pour la première fois cette année le Röstigraben avec des boulangeries alémaniques. L’association Carac Rose vise la vente de 250'000 tartelettes et la récolte de 200'000 francs pour diverses associations.
À Estavayer, la Porte du Camus sera illuminée en rose et la Ligue fribourgeoise contre le cancer tiendra un stand au marché le 14 octobre. Et le 26 octobre, l’HFR et ses partenaires proposeront une journée dédiée au cancer du sein au Comptoir gruérien. Au programme: atelier de palpation, informations sur le dépistage et le défi sportif.
Dépister tôt
En Suisse, les femmes de 50 à 74 ans reçoivent une invitation tous les deux ans pour une mammographie. Dans le canton de Fribourg, les chiffres sont encourageants. En 20 ans, le nombre de mammographies réalisées a triplé. En 2025, 13'972 femmes ont participé au programme de dépistage; 84 cancers ont pu être détectés.
L’objectif est de détecter une éventuelle tumeur avant l’apparition de symptômes. À Fribourg, l’évaluation du programme montre que les cancers détectés par dépistage favorisent le traitement. Une nouvelle boule, une modification de la peau ou du mamelon nécessitent de consulter immédiatement.
Quand on reçoit la lettre, il ne faut pas faire comme moi.
L’autopalpation permet de connaître son corps, mais ne remplace pas une mammographie. Anne-Laure Wicht le sait aujourd’hui mieux que personne: "J'avais reçu les courriers à 50 ans pour faire le dépistage, que j'ai chaque fois mis de côté", regrette-t-elle aujourd’hui. Et deux ans plus tard, début 2025, une grosseur est apparue. "C’est donc hyper important d'aller se faire contrôler, même si on ne sent rien. Quand on reçoit la lettre, il ne faut pas faire comme moi."
Du sport pour le corps et l’esprit
Après une opération, 16 séances de chimiothérapie et 33 de radiothérapie, le traitement se poursuit pour Anne-Laure Wicht pour éviter la récidive. Un traitement par voie orale avec des douleurs articulaires.
Le traitement par voie orale se poursuit pour éviter la récidive, ce qui provoque pas mal de douleurs articulaires et de troubles du sommeil. Mais pour finir, Anne-Laure nous dévoile un très bon remède pour le corps et l’esprit: le sport.
On peut faire du sport comme tout le monde et se dire qu’on est comme tout le monde.
"Socialement, ça aide aussi parce qu'on rencontre des gens formidables avec lesquels on peut échanger". Et le sport permet aussi de se sentir vivant, tout en écoutant son corps : "parfois on est beaucoup plus fatigué, parfois on est moins tolérant. Mais on peut faire du sport comme tout le monde et se dire qu’on est comme tout le monde."


