Adrien Perritaz, abonnements: John Gobbi répond à tout
Hausse du prix des abonnements, renvoi d'Adrien Perritaz, secteur visiteur: le directeur général de Fribourg-Gottéron John Gobbi répond à tout. Interview sur le plateau de La Télé.
La Télé.: John Gobbi, est-ce que Fribourg-Gottéron est devenu un peu snob?
John Gobbi: Bonsoir. On préférerait évidemment parler des images du 30 avril plutôt que de ce qui se passe en ce moment. Mais je tiens à dire que ça nous touche, à titre personnel et pour notre organisation. Notre but, c'est toujours de faire évoluer le club pour faire vivre à nos fans les émotions qu'on a vécues ce soir-là.
Est-ce que Fribourg-Gottéron est toujours ce club accessible qu'il a toujours voulu être? Vivre une soirée à la BCF Arena, ce n'est plus pour tous les budgets.
Le club reste attaché à ses valeurs et à ses fans. C'est d'ailleurs pour ça qu'on n'a pas touché les places debout. On a augmenté les places assises, et on a communiqué là-dessus en mai. La décision avait été prise bien avant le début des playoffs. On a aussi donné la possibilité à tous les abonnés concernés de changer de catégorie si l'augmentation était trop importante. On a eu seulement 17 demandes en ce sens, et une quinzaine de mails, auxquels j'ai répondu personnellement.
Cette augmentation avait été décidée en amont du titre, mais l'annonce s'est faite juste après. Est-ce que vous regrettez le timing?
Non, parce qu'il n'y a pas de bon timing pour annoncer une hausse de prix. On ne peut pas le faire avant les playoffs, et on doit le faire après la saison, quand on lance la suivante.
Vous avez annoncé un chiffre d'affaires de 40 millions de francs et un bénéfice net d'un million pour la saison précédente. Il n'y avait vraiment pas d'autre solution que cette augmentation?
Il faut se poser la question: quel type d'équipe veut-on sur la glace? Combien investit-on dans le secteur junior, dans l'équipe féminine? Et surtout, imaginez si on n'avait pas gagné le match 5 ou le match 7 contre Rapperswil. Notre résultat financier aurait été très différent. Le budget doit être construit bien avant que le résultat sportif soit connu. On doit pouvoir donner une enveloppe à notre directeur sportif, à notre responsable du secteur junior, à notre responsable de l'équipe féminine. C'est une nécessité.
Parmi les décisions qui ont fait parler, il y a aussi la réduction du secteur visiteur. C'était également pour des raisons financières?
Non, pas forcément. On a fait une analyse approfondie avec nos responsables du ticketing. Durant la saison du titre, le taux d'occupation moyen du secteur visiteur en places debout était de 138 sur 300. Même lors des playoffs, la moyenne était de 111.
C'était donc un problème de remplissage, pas de volonté des fans adverses de venir.
Exactement. C'est aussi un changement de sociologie. Les gens préfèrent les places assises. On est passé de 357 places visiteurs au total à 337, avec 220 debout et le reste en assis. Et si les visiteurs ne prennent pas toutes les places assises, on peut les proposer aux fans fribourgeois.
Et puis il y a le cas Adrien Perritaz, photographe du club depuis 12 ans, remercié après la parution de son livre "Gagnants Magnifiques", suite de "Perdants Magnifiques" paru à l'automne 2025. Quel était le point de désaccord? Une question d'argent?
Non, on n'a même pas eu l'occasion d'en discuter. Pour le premier livre, il avait été transparent, il nous avait communiqué son projet. On l'avait soutenu, on l'avait vendu au fan shop, on avait même organisé une séance de dédicaces.
Pourquoi ça n'a pas pu se passer de la même façon pour le deuxième?
Vous ne posez pas la question à la bonne personne. On a essayé de prendre contact avec M. Perritaz, mais il n'a jamais répondu. On a ensuite reçu un courrier de son avocat. Dans ce cas de figure, on ne peut pas continuer une collaboration. Si un collaborateur choisit de communiquer avec nous uniquement via son avocat, c'est impossible.
C'est un peu parole contre parole: lui affirme qu'il était ouvert à la discussion et que c'est le club qui n'a pas voulu discuter. Vous n'aviez de toute façon pas le levier pour interdire la publication, puisqu'il est photographe indépendant?
Il est indépendant, mais il travaillait avec une convention et était mandaté par le club. La majorité des photos ont été prises pendant son temps de travail, comme pour le premier livre, mais cette fois sans aucune discussion préalable avec nous. Ce n'est pas une façon de faire.
Pour terminer, comment Fribourg-Gottéron peut-il se réconcilier avec ses supporters?
Pour nous, il n'y a pas vraiment de question de réconciliation. On a une ligne: travailler dur pour revivre les émotions du 30 avril. Ce sont les résultats sur la glace qui parleront pour nous. La communication reste ouverte. On a rencontré plusieurs fois les fan-clubs et les ultras, et on continuera à le faire pour expliquer nos décisions. Tout ce qu'on fait, c'est dans l'intérêt du club et pour pouvoir challenger le titre chaque année.


