Durant l'actuelle campagne électorale, plusieurs candidats ont pointé du doigt l'indexation des salaires de la fonction publique. Lors d'un débat sur RadioFr., Timon Gavallet (UDC) avait par exemple affirmé: "Le problème, c'est que toutes les mesures d'économie de l'hôpital sont régulièrement annulées par l'indexation des salaires et les paliers prévus par la LPERS. L'HFR prend des mesures difficiles, parfois des licenciements, et deux ans plus tard, ces efforts n'ont servi à rien."
Or, en réalité, le Canton est loin d'être exemplaire en matière d'indexation. La dernière remonte au 1er janvier 2024, soit presque trois ans. Et, durant la période 2021-2024, elle n'avait été que partielle. Malgré tout, dans son projet de budget 2027 qui sera débattu la semaine prochaine, le Conseil d’Etat n’a prévu une indexation des salaires que de 1%. "C’est trois fois moins que ce qu’il faudrait pour compenser l’augmentation du coût de la vie depuis la dernière indexation des salaires", déplore le Syndicat des services publics (SSP). À titre d'exemple, le SSP estime que, pour une infirmière, "la perte cumulée est en moyenne de 11'570 francs sur cinq ans".
Une claque monumentale
Pour le secrétaire syndical du SSP Gaétan Zurkinden, la proposition d'une indexation de seulement 1% est la conséquence directe du refus, par la population fribourgeoise, du plan d'austérité que le Canton voulait mettre en place. "Pour le Conseil d'État, ça a été une claque monumentale. Et, là, il cherche à faire des économies de manière désespérée. C'est pour ça qu'il a décidé de taper sur le personnel au lieu de, par exemple, remettre en cause les cadeaux fiscaux offerts aux plus riches", estime-t-il.
La situation est d'autant plus criarde que, il y a deux jours, le Canton de Vaud a annoncé la pleine indexation à l'ensemble de ses fonctionnaires. Pourtant, il connaît également d'importantes difficultés financières. "La grande différence, c'est la mobilisation du personnel. Il y a eu un nombre record de journées de grève l'année passée et des mobilisations massives. Et c'était encore le cas hier (ndlr: ce jeudi). C'est ça qui a fait reculer le Conseil d'État et je pense que nous devrions faire pareil ici", poursuit Gaétan Zurkinden.
Près de 2000 signatures en un mois
Pour l'heure, toutefois, le SSP en est à la récolte de signatures. "Nous avons préparé une pétition qui a déjà été signée par 1800 collaborateurs des secteurs public et parapublic. Et ce, en un peu plus d'un mois. Nous avons prévu de la remettre aux autorités début décembre, avant d'entamer des négociations. Et si l'Exécutif ne nous garantit pas la pleine indexation, soit 3%, je pense qu'il faut que le personnel se mobilise sous forme de manifestation", prévient le secrétaire.
Pour finir, Gaétan Zurkinden estime que ce combat ne concerne pas que les fonctionnaires. Bien au contraire. "Le Conseil d'État, comme employeur, a un devoir d'exemplarité. Et s'il n'adapte pas les salaires, l'excuse est toute trouvée pour les employeurs privés de ne rien faire non plus. À l'inverse, s'il donne 3%, ce sera un signal fort donné à tous les employeurs du canton", analyse-t-il.





