Police

Caméras individuelles: "C'est un bon outil de désescalade"

L'association de la gendarmerie fribourgeoise réagit au projet du canton d'équiper les agents de caméras pour filmer certaines interventions.
Actualisé: 02.11.2026 14:59 | Publié: 02.11.2026
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Maëlle Robert
Un projet pilote devra permettre de définir certaines modalités pratiques d'utilisation.
Un projet pilote devra permettre de définir certaines modalités pratiques d'utilisation. © Keystone

Des policiers fribourgeois équipés de petites caméras individuelles - bodycams - qui filment ou enregistrent certaines interventions: ce sera sans doute une réalité à l'avenir.

Dans le canton de Fribourg, deux députés demandaient de modifier la loi pour pouvoir introduire ce dispositif. Le gouvernement leur a récemment répondu: il se dit favorable à la mesure.

Le Grand Conseil devra maintenant se prononcer sur ce sujet. En attendant, qu'en pensent les principaux concernés?

Plus de transparence

"Cela peut être un bon outil pour favoriser la désescalade, même si on est un canton relativement calme", répond Olivier Vonlanthen, président de l'association de la gendarmerie fribourgeoise, association qui défend les intérêts des policiers et des policières et compte de plus de 500 membres, actifs ou retraités.

"On est quand même dans une situation où la violence envers les forces de l'ordre a augmenté. Jusqu'ici, c'était parole contre parole. Là, le fait de pouvoir enregistrer ou filmer l'intervention pourra apporter des éléments de preuve concrets." 

"L'agent se retrouve avec 20 kilos de matériel sur lui tous les jours. J'espère que cet aspect du poids sera pris en compte dans le choix final de l'appareil."

Le Conseil d’Etat estime aussi que l’utilisation encadrée de caméras
individuelles pourrait contribuer à renforcer la confiance entre la police et la population, en apportant plus de transparence.

Pour Olivier Vonlanthen, il est encore trop tôt pour se positionner définitivement sur le fond, mais il se dit favorable sur le principe. Avec une réserve néanmoins, sur un aspect pratique.

"Il faudrait que la caméra ne soit pas trop lourde. Avec le matériel que l'on porte, les gilets pare-balles et autres, l'agent se retrouve déjà avec 20 kilos sur lui tous les jours. J'espèce que cela sera pris en compte dans le choix final de l'appareil."

Critères à définir

Le gouvernement fribourgeois propose de déployer, à terme, 126 bodycams, pour un coût d'un peu plus de 250'000 francs. En commençant par un projet pilote pour tester concrètement les modalités d'utilisation de l'appareil, et recueillir l'expérience des agents et des agentes.

Une phase nécessaire, estime également le président de l'association de la gendarmerie fribourgeoise: "Il faudra encore définir par exemple qui portera cette bodycam,  quand est-ce que la caméra sera enclenchée, qui aura accès aux enregistrements, ou encore combien de temps ces enregistrements seront conservés."

Le déploiement de ces petites caméras individuelles ne se fera en tout cas pas tout de suite. Le gouvernement propose d'intégrer les réflexions sur ce nouveau dispositif dans les travaux de révision de la loi sur la Police cantonale, prévus en 2028.

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