Stéphanie Tschopp: "L'éducation est une ressource"

La candidate socialiste de 42 ans se présente sur le ticket de l'Alliance de gauche. Portrait et priorités de la Singinoise, co-directrice d'école et élue communale

Stéphanie Tschopp, candidate socialiste au Conseil d'Etat © Radio Fribourg

La socialiste Stéphanie Tschopp s'est lancée dans la course au Conseil d’État fribourgeois avec une conviction: la solidarité doit rester au cœur de l’action politique. 

Enseignante de formation, la Singinoise de 42 ans est co-directrice de l'école primaire de Guin depuis huit ans. Vice-syndique de la commune de Schmitten, où elle a grandit, elle est mariée et mère de trois enfants.

Pragmatique et ouverte au dialogue, c'est comme ça qu'elle se décrit, elle se ressource en faisant de l'équitation ou en lisant un bon bouquin. Même si, en ce moment, elle n'a plus trop le temps.  

Le bruit des cloches de vache la nuit, Stéphanie Tschopp adore. Il lui rappelle son enfance, la ferme de ses oncles et son lien au monde agricole. Un milieu sous forte pression, entre changement climatique, transition écologique et impératifs économiques. 

L’école inclusive, oui mais avec des moyens

C’est sur le terrain de l’éducation que Stéphanie Tschopp développe l’un de ses principaux arguments de campagne. Favorable à l’école inclusive, qui vise notamment à intégrer les enfants présentant des troubles ou des handicaps dans les classes ordinaires, elle reconnaît toutefois que le système atteint parfois ses limites.

Certains enseignants disent être épuisés. Il est difficile de gérer des classes très hétérogènes avec des enfants aux besoins particuliers. Vous rencontrez aussi ces difficultés dans votre école?

C’est une situation vraiment difficile. Dans notre école, nous avons presque tout essayé. Nous avons travaillé sur différentes synergies, mais je sens que nous arrivons au bout de ce que nous pouvons faire. Il faut maintenant chercher des solutions politiques. Comment améliorer les situations dans les classes et les écoles? Comment améliorer également les conditions de travail des enseignants? Je pense qu’il faut vraiment parler des moyens. Si nous voulons une école inclusive, cela a un coût. Il faut donc investir pleinement dans ce domaine. Je le dis toujours: si on économise sur l’école, on n’économise pas à la fin.

Dans le budget 2027, environ 40% des créations de postes concernent le secteur de l'enseignement. Vous estimez pourtant qu’il faut encore davantage de moyens. Jusqu’où peut-on aller?

Jusqu’au bout du monde! Je plaisante. Bien sûr que l’éducation représente une part importante du budget. Mais il faut aussi tenir compte de la croissance démographique. Si le nombre d’élèves augmente, le budget consacré à l’éducation doit également augmenter.

Vous demandez davantage de moyens à l’État pour l'éducation, mais aussi aux communes. Or, certaines d'entre elles connaissent déjà des difficultés financières. Comment peuvent-elles financer ces charges supplémentaires?

Il faut considérer l’éducation sous un autre angle. Pour moi, c’est une ressource. Si nous n’investissons pas aujourd’hui dans l’éducation, cela nous coûtera beaucoup plus cher par la suite. Il faut donc investir concrètement et chercher d’autres solutions. Aujourd’hui, deux départements s’occupent de ces questions: celui de l’éducation et celui de la santé. Or, nous avons parfois tendance à travailler en silos (ndlr: de manière cloisonnée et isolée). Je suis convaincue qu’il est possible de trouver des solutions en améliorant la collaboration.

L'école inclusive est parfois vécue comme un dogme. Mais est-elle forcément la solution pour tous les enfants?

Je défends l’idée d’une société inclusive, ainsi que celle d’une école inclusive. Mais il faut donner un cadre à cette école inclusive. C’est aussi une question qui concerne la société dans son ensemble.

Plus généralement, on demande beaucoup à l’école: instruire les enfants, les éduquer. Elle fait aussi l'objet de critiques en permanence. Plusieurs enseignants nous disent avoir le sentiment que la société a perdu confiance dans cette institution. Comment peut-on rétablir cette confiance?

Personnellement, je ne constate pas vraiment cela, notamment à l’école de Guin. Il arrive toutefois que certaines situations soient compliquées. Dans ces cas-là, il faut travailler avec les parents, les différents enseignants et, bien sûr, les élèves, qui sont au centre de l’école. Il faut parfois aussi savoir poser des limites.

Si vous deviez mettre en place une mesure incontournable dans le domaine scolaire, une mesure sur laquelle vous ne feriez aucune concession, laquelle choisiriez-vous?

Donner des moyens supplémentaires à l'éducation et ne plus penser de manière cloisonnée.

RadioFr. - Sarah Camporini
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