Un chef gruérien vise le Bocuse d’Or

Le chef Matthieu Maeder prépare la sélection suisse du prestigieux concours culinaire. Mais il a besoin de 15’000 francs pour se lancer.

Pendant quatre mois, le chef de 28 ans prévoit de répéter les gestes et de simuler les conditions du concours avec son commis et son coach. © Matthieu Maeder

Pour décrocher une place parmi les meilleurs cuisiniers du monde, il faut bien plus que du talent derrière les fourneaux. Le jeune chef de 28 ans, Matthieu Maeder, s’apprête à consacrer une grande partie de son temps et de son énergie au Bocuse d’Or, l’un des concours gastronomiques les plus prestigieux au monde. Formé notamment auprès de Benoît Carcenat au restaurant Le Valrose, où il a travaillé comme sous-chef, puis  actuellement au restaurant Roots, à Bâle, il prépare la sélection suisse prévue le 19 avril à Interlaken. Pour financer cette aventure, il a lancé une campagne de financement participatif avec un objectif de 15’000 francs.

Quatre mois pour viser la perfection

Créé en 1987 par le chef français Paul Bocuse, le Bocuse d’Or se déroule sur plusieurs étapes. Pour Matthieu Maeder, la première échéance est la sélection suisse, où les candidats devront présenter deux préparations imposées: une truite arc-en-ciel et un poulet fermier accompagné de pommes de terre et de morilles. Le Gruérien a déjà entamé un important travail de recherche pour élaborer ses plats. "Juste avec les indications des thèmes, tu crées des idées sur papier, des croquis par rapport à tes expériences, de ce que tu as vécu ou de ce que tu aimes", explique-t-il. Les premières idées prennent ensuite forme en cuisine, où le chef procède à des essais successifs. "Et une fois que tu as tous les goûts que tu voulais mettre ensemble, après tu commences à réfléchir à la forme", explique le chef.

La préparation entre alors dans une phase intensive. Pendant quatre mois, le candidat prévoit de répéter les gestes et de simuler les conditions du concours avec son commis et son coach. L’objectif est d’arriver le jour J avec une maîtrise aussi précise que possible de chaque étape. En cas de victoire, Matthieu Maeder pourrait représenter la Suisse au Bocuse d’Or Europe, organisé à Lausanne en 2028. Les dix meilleures équipes européennes auront ensuite une chance de se qualifier pour la finale mondiale, prévue à Lyon en 2029. "C’est un concours qui dure à peu près deux ans et il faut se consacrer uniquement à ça", souligne le cuisinier. 

C’est comme créer une mini entreprise. Ça demande donc des moyens assez conséquents.

Une préparation qui coûte cher

Comme pour les sportifs, la performance exige des moyens financiers importants. Matthieu Maeder vise 15’000 francs grâce à une campagne de financement participatif afin de couvrir les dépenses liées à sa préparation. "Il faut savoir que l’on doit avoir tout notre matériel sur mesure, comme les moules", explique-t-il. Les frais comprennent également les déplacements et la rémunération des personnes qui l’accompagnent. "C’est comme créer une mini entreprise et qu’il faut payer tous les gens. Ça demande donc des moyens financiers assez conséquents."

Pour atteindre son objectif, il devra pouvoir dégager du temps pour s’entraîner tout en poursuivant son activité professionnelle. "Le mieux, ce serait de bosser, dans l’idéal à 20%, et se concentrer à 80% sur ce projet", résume le Gruérien. Une aventure exigeante, mais qui pourrait ouvrir au chef de 28 ans les portes de la scène gastronomique internationale.

RadioFr. - Léo Martinetti / Thibaut Clémence
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