Une compétition XXL: "Il faut s'attendre à un niveau moyen"

Un nombre d'équipes élargi, des nations peu connues: Steve Guillod, consultant football pour La Télé, livre son analyse au démarrage du mondial 2026.

Steve Guillod était sur le plateau de Fribourg Fait Maison jeudi, quelques heures avant le coup d'envoi de la compétition. © La Télé

La Télé: Pour la première fois, 48 équipes vont prendre part à la coupe du monde de football. Seize villes vont accueillir les 104 matchs au programme. Que vous inspirent ces chiffres?

Steve Guillod: Je suis très curieux. C'est vrai que ça fait beaucoup d'équipes. Habituellement, on avait les meilleures équipes à la Coupe du Monde. Maintenant, on a quand même quelques "nobody", comme Curacao, Haïti...

Ça fait un peu bizarre et cela fait beaucoup de matchs à regarder en plus de la programmation est très tardive... Donc, je pense qu'il y aura plus de matchs, mais pour ma part, j'en verrai peut-être moins que les précédentes éditions.

La coupe bascule dans une autre dimension cette année?

Comme pour les paninis, il y a du business et aussi beaucoup de politique. On sait que le président de la FIFA doit aller chercher des voix quand il organise une coupe du monde. On va facilement en chercher en Asie et en Afrique. Et c'est pour ça qu'on a ouvert la porte à ces continents et qu'on a augmenté le nombre de participants.

L'enjeu important est que la politique ne tue pas le jeu. En tant que passionnés, on aime voir le football et le beau jeu. J'espère qu'il n'y aura pas trop de matchs purges, mais il faudra quand même s'attendre à un niveau moyen. Mais à la fin, les meilleurs seront présents.

Une question fait débat ces derniers temps:  pour ou contre ce format à 48 équipes?

Je ne vais pas être critique avant même d'avoir vu ces matchs. C'est à la fin du bal qu'on paye l'orchestre. Si on me réponse la question dans un mois, je répondrai.

Moi, je suis curieux de voir un foot un peu plus exotique. On peut être étonné en bien. Aujourd'hui, on a de moins en moins de petites équipes. Et c'est vrai qu'on aura certainement de belles surprises.

Ça veut dire qu'il est devenu trop facile de se qualifier pour une coupe du monde?

Il faudra demander aux Italiens, je ne suis pas sûr qu'ils soient d'accord. (rires) Non, mais c'est de plus en plus facile. On a plusieurs possibilités de se qualifier: les matchs de barrage, la Ligue des Nations... C'est vrai que ça devient assez compliqué. Et celui qui ne participe pas, tel que l'Italie, honnêtement, ce n'est pas très normal

Depuis 2006, la Suisse n'a manqué aucune phase finale. Quelle place occupe-t-elle dans le football mondial?

On sait qu'on est capable aujourd'hui d'aller dans la phase finale. Maintenant, on a un plafond de verre à briser: clairement, il faut aller une fois en quarts de finale. Mais par le jeu des classements, c'est très difficile d'y voir clair.

Et que selon les résultats, on pourrait déjà rencontrer le Portugal très rapidement, qui est un favori. Ce qui ne sera pas facile, mais ça me plairait bien de le rencontrer, parce que je crois qu'on a réellement une revanche à prendre contre cette équipe.

Si on regarde l'effectif, Shaqiri n'est plus là. Il y a des joueurs comme Ricardo Rodriguez, Granit Xhaka qui ont 33 ans, Remo Freuler 34 ans. On arrive à la fin d'une génération selon vous?

C'est un vrai cycle qui va se terminer d'ici peu de temps. On a une équipe qui est à maturité. Beaucoup de joueurs ont autour de 27-30 ans, avec quelques joueurs qui dépassent allègrement cet âge-là. Je ne suis pas sûr qu'on verra Xhaka
 à la prochaine coupe du monde.

Mais il y a d'autres joueurs qui sont là. Johan Manzambi est là et ça va être certainement une belle révélation du côté suisse. On peut attendre beaucoup de notre équipe nationale. Parce qu'il y a un bon mix entre jeunes joueurs et joueurs expérimentés.

Et on se réjouit surtout de voir MIchel Aebischer, qui a montré de très belles choses sur les deux derniers matchs de préparation. On l'avait vu au dernier Euro, il avait joué dans le couloir de gauche, quelque chose de très hybride. Mais il lit très bien le jeu. Il se sacrifie pour l'équipe. Il travaille sur le plan défensif. Et je crois qu'il est énormément apprécié aux yeux de Murat Yakin.

La Télé - Gaël Longchamp / SGu
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