Audrey Werro: "ce qui me manquait, c'était la confiance"

Invitée dans Fribourg Fait Maison, la sprinteuse se confie sur son explosion, la pression du record, la confiance et sa vie loin des stades.

Cet été, Audrey Werro a changé de dimension. Trois fois sous la barre des 1’54'' sur 800 mètres et un nouveau record de Suisse en 1’53’’70. Des victoires à répétition et, désormais, un record du monde qui semble à portée de foulée. Invitée de Fribourg Fait Maison, la Fribourgeoise raconte son incroyable saison, la pression du record du monde et comment elle reste elle-même malgré le succès.

L'interview d'Audrey Werro dans Fribourg Fait Maison:

RadioFr./La Télé: Comme le dit Laurent Meuwly, entraîneur national aux Pays-Bas, tout est une question de confiance?

Audrey Werro: Oui, je pense qu’il y avait une grande part de confiance dans cette évolution. C’est vrai que j’ai toujours eu une évolution assez constante. Chaque année, je réussissais à améliorer petit à petit mon record personnel. Et je pense que ces dernières années, ce qui manquait pour continuer cette progression, c’était la confiance. J’ai vraiment réussi à acquérir ça ces dernières années.

Vous avez travaillé d’une manière particulière pour l’acquérir?

Oui, j’ai commencé à travailler aussi avec des professionnels, avec une préparatrice mentale, qui m’a beaucoup aidée de ce côté-là, à prendre confiance et à savoir que j’avais ma place dans le peloton élite.

J’avais besoin d’acquérir de l’expérience, d’acquérir des schémas de course pour savoir comment réagir.

Laurent Meuwly parle aussi de la tactique. C’est quelque chose d’important sur 800 mètres. Est-ce que vous arrivez à expliquer à nos auditeurs et à nos téléspectateurs pourquoi ça compte?

Oui, sur 800 mètres, c’est une course qui va très vite. Mais en même temps, il y a beaucoup de possibilités tactiques. Et si on fait une erreur, ça peut nous coûter la course. C’est pour ça que, ces dernières années, j’ai fait quand même pas mal de courses, parce que j’avais besoin d’acquérir de l’expérience, d’acquérir des schémas de course pour savoir comment réagir, quand réagir. Et maintenant, je sens que j’ai vraiment acquis beaucoup de technique.

On dit que vous n’êtes pas la même personne dans la vie que sur la piste. Comment on se met dans sa bulle, comment on devient une tueuse?

Je pense que c’est tout un processus. La journée d’une compétition est rythmée et je sais exactement ce que je dois faire et à quelle heure. Je pense que c’est tout ce processus qui me permet d’être dans ma bulle, de me concentrer et de devenir cette personne prête à tout sur les compétitions.

Je n'ai jamais été une athlète à courir derrière les records.

Il y a un moment cet été où tout le monde parlait de ce record du monde. Est-ce que c’est saoulant pour vous ?

Oui, j’avoue que c’est un peu saoulant quand même. Avec mon coach, on n’a jamais travaillé à courir derrière les records. Cette saison, on a essayé de courir derrière ce record, d’essayer de le faire tomber. Il est très bien perché, donc c’est assez compliqué. C’était quand même un peu fatiguant d’essayer de toujours courir après. Toute cette attention qu’il y avait, c’était un peu fatiguant.

Ecoutez l'intégralité de Fribourg Fait Maison en compagnie d'Audrey Werro: 

La Télé / RadioFr. - Thibaut Clémence / Camille Tissot, Vincent Dousse
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