Audrey Werro: "Le record du monde est atteignable"

Désormais athlète professionnelle, la spécialiste fribourgeoise du 800 m. compte encore briller, notamment aux championnats d'Europe à Birmingham (10-16 août).

La spécialiste du 800 mètres, originaire du Lac, s'est confiée mercredi à Berne lors de la journée des médias de Swiss Athletics. © KEYSTONE

2025 a été l'année de votre explosion au grand public. On dit souvent que le plus difficile, c'est la confirmation. Vous ressentez une pression particulière cette année?

Non, je ne le prends pas comme un fardeau. Chaque année, mon objectif reste le même: continuer à progresser. J'ai surtout envie de prendre du plaisir. Et ça n'a jamais vraiment été mon tempérament d'être très stressée.

Vous êtes désormais athlète professionnelle depuis plusieurs mois. Qu'est-ce que cela a changé?

Ça fait maintenant huit ou neuf mois et je sens surtout que j'ai beaucoup plus de temps: pour la récupération, les entraînements, les compétitions ou les camps d'entraînement. Ça simplifie énormément les choses et ça me permet de me consacrer pleinement à mon sport.

Quels sont encore les axes d'amélioration que vous ciblez?

Cette année, le grand objectif, ce sont les Championnats d’Europe à Birmingham. Ensuite, il y aura aussi Athletissima à Lausanne et Weltklasse Zurich, qui sont deux rendez-vous qui me font rêver. Je pense surtout à la tactique de course, notamment dans la prise de décision. Je peux encore progresser dans ma capacité à prendre rapidement une décision et à m'y tenir pendant la course. Cet hiver, j'ai déjà senti des améliorations dans ce domaine.

À Toronto, le chrono était déjà très solide en salle. Qu'avez-vous dans les jambes pour cet été?

Je ne veux pas trop m'avancer sur un chrono précis, mais j'ai envie de continuer à améliorer mon temps. Que ce soit de quelques centièmes ou davantage, tant que ça progresse, je prends.

Si je vous dis "vendredi 14 août 2026", ça vous évoque quoi?

J'espère que ce sera l'un des plus beaux jours de ma vie.

Birmingham promet une ambiance incroyable. Cela vous impressionne ou ça vous motive davantage?

Plus une motivation qu'une pression. J'aime beaucoup courir dans des stades pleins. On a entendu qu'il y aurait énormément de monde à Birmingham et, honnêtement, c'est quelque chose qui me réjouit.

Pour Birmingham, l'objectif est clairement une médaille?

Oui, bien sûr. Cela fait longtemps que je n'ai plus couru de Championnats d'Europe, les derniers remontent à 2022. Depuis, j'ai acquis beaucoup d'expérience et je pense que cela pourra m'aider à jouer les premiers rôles. Je ne connais pas encore mes limites et j'espère qu'elles sont encore très loin.

L'arrivée de nouvelles athlètes issues du 400 m sur le 800 m change-t-elle la dynamique de la discipline?

Je vois surtout ça comme un défi supplémentaire et quelque chose de positif. Ça apporte davantage de visibilité au 800 m. Les fans du 400 m commencent aussi à regarder notre discipline, donc je pense que c'est bénéfique.

Votre grande force tactique, c'est de courir à l'avant. Vous souhaitez développer d'autres scénarios de course?

Cet hiver, j'ai beaucoup couru à l'avant et c'est une tactique dans laquelle je me sens très bien. Mais j'ai aussi voulu montrer que je pouvais courir dans le peloton, je pense notamment au meeting de Madrid où j'avais volontairement choisi cette option. Aujourd'hui, je sens que j'ai acquis suffisamment d'expérience pour être performante dans différents schémas de course.

Pensez-vous pouvoir battre le record du monde, et pensez-vous pouvoir battre Keely Hodgkinson?

Oui, les deux! Personne n'est imbattable. Je pense que le record du monde est atteignable, et je pense que je peux aussi la battre.

RadioFr. - Rédaction / Interview recueilli par RFJ
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