Bilan "plus que positif" pour la Suisse à la Coupe du monde
La Nati s'est qualifiée pour les seizièmes de finale et a terminé en tête de son groupe. L'ancien footballeur devenu consultant Carlos Varela livre ses impressions.

La Suisse a rempli sa mission première: se qualifier pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde en terminant à la première place de son groupe. Ces deux dernières semaines, elle a fait match nul 1-1 contre le Qatar, avant de battre la Bosnie 4-1 et le Canada 2-1. Elle attend maintenant de savoir contre qui elle disputera son prochain match prévu le 2 juillet à 5h00 du matin (heure suisse).
Pour parler de cette première partie de la Coupe du monde, nous avons appelé Carlos Varela. L'ancien joueur de Young Boys est aujourd'hui commentateur et consultant sur la chaîne Blue Sport.
Radio Fribourg: Carlos Varela, qu'est-ce qui vous plaît chez cette équipe de Suisse jusqu'ici?
Carlos Varela: "Beaucoup de choses m'ont plu. Si on fait le bilan des trois matchs, il y a tout ce dont une équipe a besoin pour la suite. C'est-à-dire qu'ils n'ont pas fait les malins contre Qatar. Ils ont vu que si tu ne fais pas tout juste, que si tu ne mets pas tous les ingrédients, tu peux perdre des points contre tout le monde. Contre les Bosniens, ils ont montré que quand tout s'aligne, que quand on est sérieux, on fait un gros match. Et ils ont souffert ensemble contre le Canda".
La Suisse finit première de son groupe, mais elle ne nous a pas non plus fait complètement rêver. Quel bilan faites-vous de cette phase de groupes?
"C'est plus que positif. La Suisse a un nouveau statut. Ce n'est plus la Suisse de 10, 15, même 20 ans en arrière. Elle a fait ce qu'une grande nation aurait fait. Elle a fait le boulot. Depuis le début de la compétition, les joueurs et Murat Yakin le savent: ils seront jugés sur ce qu'ils feront lors de leur seizième de finale, voire lors de leur huitième. On parlera d'un Mondial réussi s'il passe les huitièmes. Pour moi, il n'y a rien à redire jusqu'ici".
Et jusqu'où peut-elle aller?
"Alors ça, ça dépend du tirage, évidemment. Je vois bien un huitième de finale contre le Portugal, mais ce n'est pas encore certain. Il faut attendre encore un peu. Pour moi, il y a l'Espagne, l'Argentine et la France qui sont au-dessus. On ne parlerait pas de fiasco si la Suisse perd contre une de ces équipes-là. Par contre, je pense qu'elle a ce qu'il faut pour rivaliser avec les autres. Ce qui veut dire que si elle évite un de ces grands noms, elle pourrait casser ce plafond de verre que sont les huitièmes. Et puis après, elle n'aura plus rien à perdre".
Et par rapport à son niveau de jeu, est-ce que la Suisse peut encore progresser?
"Oui, clairement. Il y a eu plusieurs changements, des joueurs surprise qui n'étaient pas dans les plans. Du coup, la Suisse n'a pas encore trouvé tous ses automatismes. Les joueurs ne se connaissent pas encore comme ils devraient se connaître. C'est encourageant parce que malgré ça, le jeu ne change pas. Ils ont eu la possession du ballon, ils ont essayé de créer du jeu, ...".
"Je pense aussi que Breel Embolo n'a pas encore pu montrer tout ce qu'il sait faire. Pour le moment, ce n'est pas sa Coupe du monde. Ca me laisse penser qu'il a encore une marge de progression".
Un match couperet, c'est encore autre chose. La Suisse le sait. Est-ce qu'elle va avoir peur de cette pression-là?
"Non, elle n'aura sûrement pas peur, mais j'espère que l'enjeu ne pas bloquer les joueurs. Il ne faut pas qu'ils cogitent trop. Granit Xhaka, le capitaine, peut gérer ça. Il a un leadership incroyable".
"Je pense qu'ils sont libérés maintenant qu'ils finissent premiers du groupe en ayant fait un faux départ contre le Qatar. Je ne veux pas parler du titre, mais on sait que l'Espagne a été championne du monde en perdant son premier match. Pareil pour l'Argentine. C'était peut-être le petit avertissement dont la Suisse avait besoin".


