La majorité des élèves de 4e HarmoS atteignent les objectifs

La majorité des élèves de 4e HarmoS atteignent les objectifs fixés dans les compétences fondamentales, montre une enquête. Elle contraste avec une autre étude qui avait révélé des lacunes à l'issue de la scolarité obligatoire.

La majorité des élèves de 4e HarmoS atteignent les objectifs nationaux fixés dans les compétences fondamentales (image d'illustration). © KEYSTONE/TI-PRESS/SAMUEL GOLAY

Pas moins de 87% des élèves de 4H en moyenne atteignent les objectifs nationaux de formation en compréhension orale de la langue de scolarisation, indique la Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP) jeudi devant la presse. En compréhension écrite et en mathématiques, ce taux s'élève respectivement à 79% et 76%.

Les cantons romands sont en-dessous de la moyenne nationale pour la compréhension orale, avec des taux entre 80 et 86%. Les résultats sont plus contrastés pour la compréhension écrite.

Le Jura, le Valais et Vaud sont bons, tandis que le reste de la Suisse romande n'atteint pas la moyenne. Le Jura bernois enregistre le pire résultat: 70%.

Toutes les écoles romandes dépassent en revanche la moyenne en mathématiques. Le Jura est parmi les meilleurs cantons avec un taux de 88%. Vaud n'est pas loin derrière avec 82%.

Retard dans certains cantons

Une large majorité des élèves atteignent les compétences fondamentales, commente Carl Denecker du Service de la recherche en éducation (SRED). Mais l'étude montre aussi que des écoliers de certains cantons entrent dans le cycle 2 avec un retard d'apprentissage.

L'origine sociale a une grande influence sur les résultats, ajoute-t-il. Le statut migratoire et les langues parlées à la maison jouent aussi un rôle. Le genre n'a en revanche pas d'effet notable à cet âge.

Pour le président de la CDIP, Christophe Darbellay, les élèves qui n'ont pas atteint les objectifs fondamentaux ne doivent pas être abandonnés. "On a tous vu des cas d'élèves excellents en primaire qui finalement décrochent et d'autres qui ont des scolarités moyennes avant d'entamer des études brillantes", déclare le conseiller d'Etat valaisan.

Méthodologie qui a fonctionné

L'enquête a été menée en 2024 auprès de 20'000 élèves de quelque 1150 écoles de toute la Suisse à la fin de la 4e année HarmoS. Seuls Zoug et Nidwald, qui ne font pas partie du système HarmoS, n'ont pas participé à l'étude.

L'année dernière, la CDIP avait présenté une autre étude révélant des lacunes dans l'apprentissage du français après l'école obligatoire. Seulement 41% des élèves romands atteignaient les compétences fondamentales en orthographe à l'issue du niveau secondaire.

La méthodologie avait été pointée du doigt à l'époque. Pour l'étude avec les élèves de 4e Harmos, le processus a mieux fonctionné, en partie en raison de l'âge des enfants, indique Andrea Erzinger, directrice de l'Interfaculty Centre for Educational Research (ICER) à Berne.

"Mettre le doigt là où ça fait mal"

La grande différence entre cette étude et celle menée en 2023 auprès des élèves de 11e HarmoS soulève une autre question: à quel moment les élèves décrochent?

M. Darbellay n'a pas de réponse claire. Le constat en Suisse romande est que les compétences en orthographe ne sont pas bonnes, probablement sur différentes générations, dit-il.

Il faut donc "mettre le doigt là où ça fait mal et prendre des mesures ciblées". La CDIP compte tester à nouveau les mêmes élèves en 2028 et en 2031, soit en fin de 8e HarmoS et à la fin de la scolarité secondaire.

"Pas prêt à avaler une nouvelle couleuvre"

L'apprentissage des langues reste une priorité. Les mauvais résultats de 2023 avaient relancé le débat autour de l'apprentissage du français en Suisse alémanique.

"On n'est pas en Belgique ici", déclare M. Darbellay, tout en mettant en avant la force du plurilinguisme en Suisse. "Cela me désole de voir des partis faire de la démagogie autour du débat sur l'apprentissage des langues", dit-il.

Le politicien n'a pas manqué de rappeler les coupes budgétaires dans l'éducation prévues dans le paquet d'allègement. "On a avalé cette couleuvre, on n'est pas prêt à avaler la suivante", prévient-il.

ATS
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