Les députés fribourgeois ont établi le budget 2026

Les députés fribourgeois ont adopté mardi le budget 2026 "bis" de l'Etat. Après le net rejet de la LAFE le 26 avril, la copie n’intègre que les mesures du programme d’assainissement des finances de l’Etat (PAFE) relevant de la compétence de l'exécutif.

Pour rappel, la LAFE avait été rejeté à plus de 68% en avril dernier. © La Télé

Le décret a été accepté par 82 voix, sans opposition ni abstention. Le document affiche un excédent de 283'888 francs. Il a été dévoilé le 28 mai, huit mois après une première mouture retirée après le lancement par la gauche et les syndicats d'un référendum contre la loi sur l'assainissement des finances de l'Etat (LAFE).

L'exercice 2026 a commencé du coup sans budget. La nouvelle version est marquée par le report de certaines dépenses et une évaluation des revenus fiscaux fondée sur les comptes 2025. "Ce qui contribue au respect de l’exigence constitutionnelle de l’équilibre", a relevé le grand argentier cantonal Jean-Pierre Siggen.

La réaction de Jean-Pierre Siggen, en charge des finances:

Nuages en vue

Les mesures du PAFE sont effectives dès cette année. La non-indexation des salaires du personnel de l'Etat (16,7 millions) s’applique de fait, tout comme la non-compensation de la progression à froid (20 millions), soit l'absence d'adaptation des barèmes d'impôt à l'inflation, qui n’est pas non plus rétroactive en 2026.

Pour 2027, l'application de celle-ci sera soumise aux députés en novembre. L'entrée en matière n'a pas été combattue, mais a permis de présenter des doléances. "Tout ça pour ça", a déploré le député PS Armand Jaquier. En balayant la LAFE, à 68,57%, "le peuple a démontré son attachement aux prestations sociales", a-t-il ajouté.

"Les attentes envers l'Etat continuent de croître, mais il ne sera pas possible de répondre à toutes les demandes", a averti le centriste Christian Clément, en évoquant la santé et le pouvoir d'achat. "Les nuages s'amoncellent donc déjà sur 2027", avec la fin de la non-indexation et le possible retour de la progression à froid.

Moins de fragilité

Au nom du PLR-PVL, la députée Antoinette de Weck veut privilégier pour la suite la réduction des charges à la hausse des recettes. "Les finances apparaissent moins fragiles qu'il y a quelques mois", s'est réjoui pour sa part le Vert Julien Vuilleumier, en voyant que la copie avait été retravaillée "sans grande difficulté".

Du côté de l'UDC-UDF, Lucas Dupré a mentionné une situation à "flux tendus". "Chaque année sera plus délicate", a-t-il précisé, à propos notamment de la croissance des effectifs. Tout en saluant l'ampleur des investissements, le député a appelé à la prudence, dans la mesure où ceux-ci ne s'imposent pas nécessairement pour l'heure.

Trois amendements touchant à la Direction de la santé et des affaires sociales, la DSAS du président du Conseil d'Etat cette année Philippe Demierre, ont été par ailleurs rejetés par le plénum. Le premier, émanant du PS, visait à accroître les subsides maladie de 2 millions de francs, en réduisant d'autant des provisions.

Près de 4,6 milliards

Le deuxième, défendu par le député PLR et médecin Jean-Daniel Schumacher, voulait doter davantage les urgences préhospitalières, en faveur des défibrillateurs. Il proposait de diminuer d'autant les dépenses prévues pour l'association romande Cara (sauf Neuchâtel), entité chargée du dossier électronique du patient.

Enfin, un troisième amendement, amené par Armand Jaquier, demandait de davantage soutenir les personnes handicapées, où les cas difficiles sont en hausse, a-t-il assuré.

Dans le détail, une détérioration de 54,4 millions a été prise en compte par rapport au budget suspendu en octobre. Elle a été compensée par une amélioration de la même ampleur, à raison de 56% par une hausse de recettes, notamment en misant sur une augmentation des recettes fiscales réaliste, mais "sans marge de prudence".

Dépenses reportées

Le solde de la compensation, 44%, provient d'une baisse de charges. Parmi les dépenses reportées, pour assurer l'équilibre, figurent des subventions dans la santé, le social, l’environnement et les transports. Au-delà, la progression des charges et revenus entre les budgets 2025 et 2026 s’élève à 5,7%, à 4,57 milliards de francs.

Ce taux est limité à 3,4%, défalcation faite de l'opération liée à l'apport de la Banque nationale suisse (BNS) pour cette année, avec 100 millions de francs. Les prévisions de recettes fiscales s’établissent à 1,65 milliard, en hausse de 4,3% par rapport au budget 2025.

ATS
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