Quatre inculpés en plus mais pas de procureur extraordinaire
La liste des inculpés en lien avec le drame de Crans-Montana s'allonge. Ils sont désormais au nombre de treize.

L’actuel conseiller communal en charge de la sécurité de la commune de Crans-Montana, Patrick Clivaz est convoqué pour le 11 mai. L’actuel adjoint au chef de service de la sécurité publique de la commune sera, lui, auditionné le lendemain, toujours au campus Energypolis à Sion, selon une source proche du dossier contactée par Keystone-ATS. Une information confirmée par le Ministère public.
Ancien président de la commune de Chermignon (2009-2016), Jean-Claude Savoy devra répondre aux questions du pool des procureures et des avocats le 13 mai. Enfin, l’ex-municipal en charge des constructions (2013-2016) est convoqué pour le 3 juin.
Chefs d'accusation identiques
Quant à Jacques Moretti, le gérant du bar "Le Constellation", il est reconvoqué pour le vendredi 5 juin. Ce sera sa troisième audition, lui qui ne s'était pas présenté devant les procureures le 7 avril dernier, pour des raisons de santé.
Dans cette affaire, les désormais 13 prévenus doivent tous répondre d'homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence.
"Il faut saluer l’avancement de l’enquête et le rythme soutenu des auditions menées. Nous avançons et pour les familles, c’est plus que précieux", a réagi Romain Jordan, avocat de plusieurs familles touchées par le drame.
Non à un procureur extraordinaire
L'annonce du jour n'est pas une surprise pour son confrère Sébastien Fanti. "D’autres membres de la collectivité seront, sans nul doute, inquiétés", estime-t-il. Le Sédunois dit ensuite vouloir solliciter la mise en prévention de représentants du Canton du Valais "au niveau administratif et politique."
Le bureau du Ministère public (MP) du canton du Valais a, lui, communiqué jeudi avoir refusé de nommer un procureur extraordinaire dans l'affaire de Crans-Montana.
Respect du cahier des charges
Le 9 février 2026, Me Garen Ucari, agissant pour la famille d'une victime de l'incendie, avait requis la désignation d’un ou de plusieurs procureurs extraordinaires hors du canton du Valais pour instruire de la cause. Le bureau du MP, composé des chefs des offices régionaux, a rejeté cette demande par décision du 15 avril.
"Le drame de Crans-Montana est un événement extraordinaire, avec une composante internationale, un très important retentissement médiatique pour lequel la responsabilité pénale d’élus et d’employés de l’administration cantonale ou communale peut être mise en cause. Le cahier des charges de l’Office central prévoit que ce genre d’affaires lui soit attribué. De plus, cet office a été renforcé avec des ressources humaines supplémentaires", a résumé le bureau dans sa décision.
Aucun motif concret
Pour le bureau, "le MP valaisan s’est donné les moyens de garantir le traitement efficace de la procédure, dans le respect des principes d’indépendance, d’objectivité et de célérité." Pour ces raisons, le bureau du ministère public a conclu qu’il n’y avait aucun motif pour nommer un procureur extraordinaire.
"Cette décision est d’autant plus regrettable que les développements récents de la procédure démontrent à quel point les procureurs actuellement en charge n’ont pas pris et continuent de ne pas prendre la juste mesure des actes d’instruction qui s’imposent, par exemple pour éviter les risques de collusion pourtant dénoncés par les parties plaignantes depuis le début de l’enquête", a estimé Me Ucari, répondant à une sollicitation de Keystone-ATS. Le mandant de Me Ucari songe à faire recours de cette décision.
Revers judiciaire pour les Moretti
Par ailleurs, la Chambre pénale du Tribunal cantonal du Valais a, dans un arrêt rendu le 15 avril, décidé de laisser actif le site crans.merkt.ch, lancé par Me Romain Jordan. Cette démarche souhaite permettre de recueillir des témoignages et des documents en lien avec l'incendie de Crans-Montana. La Chambre pénale a ainsi débouté le recours déposé par les avocats de Jessica et de Jacques Moretti contre la création et l'utilisation de ce site Internet.
Vers un recours possible au TF
"Nous saluons cet arrêt intéressant et remarquablement motivé. Une manifestation de la vérité rapide et complète est un impératif pour les familles. On retiendra de cette inutile procédure que ce souhait n’est en rien partagé par les époux Moretti", a résumé, au nom de ses clients, Me Romain Jordan.
Avocat de Jacques Moretti, Patrick Michod a également réagi: "je prends acte de cette décision qui en réalité ne peut satisfaire personne. Les juges cantonaux ont clairement indiqué qu’un examen de la validité des éléments recueillis sur cette plateforme devra systématiquement être effectué par les autorités pénales, ce qui sera de nature à entraîner d’importants retards dans la conduite d’une procédure déjà très complexe."
L'homme de loi dit "étudier un possible recours auprès du Tribunal fédéral."


