Démission du conseiller d'Etat tessinois Claudio Zali
Le conseiller d'Etat tessinois et président du gouvernement Claudio Zali (Lega) a annoncé mercredi sa démission. La présidence de l'Exécutif est reprise par la socialiste Marina Carobbio jusqu'aux élections cantonales d'avril 2027, a indiqué le Conseil d'Etat.

Demandée par tous les partis politiques, dont la Lega qui l'a réclamée mardi soir au terme d'une rencontre avec son conseiller d'Etat, la démission de Claudio Zali, directeur du département cantonal du territoire, est parvenue au gouvernement tessinois mercredi matin. Elle sera effective au 30 septembre prochain.
L'affaire qui a entraîné la chute du ministre et, jusqu'à ce jour, président du Conseil d'Etat tessinois a éclaté le 21 juillet dernier avec la publication, sur un profil anonyme d'Instagram, de l'enregistrement d'une conversation, il y a quelques années, entre le politicien et une amie. Cette dernière demandait à Claudio Zali – alors déjà en fonction au Conseil d'Etat – comment venir à bout d'une harceleuse (stalker) : "Tabasse-la comme je l'ai déjà fait lorsqu'elle est venue chez moi", lui répondait le ministre.
Tollé au Tessin
Repris par la presse qui en avait préalablement contrôlé l'authenticité, ces propos incitant à la violence contre une femme ont suscité un véritable tollé parmi les partis et l'opinion publique au Tessin.
Dans une lettre adressée le lendemain à M. Zali, les présidents des trois principales formations au gouvernement – PLR, PS et PPD (Centro au Tessin) – ont demandé des explications au conseiller d'Etat. Sans démentir ses propos, celui-ci a menacé à son tour de déposer plainte pénale contre eux et de dénoncer aussi, pour violation de la sphère privée, la femme qui avait publié la conversation sur Instagram.
Dans les jours consécutifs à la publication de l'audio compromettant, les partis tessinois, dont l'UDC – alliée de la Lega –, ont réclamé la démission du ministre. Entretemps, le gouvernement tessinois, réuni une première fois en séance urgente le 22 juillet, lui a retiré la responsabilité de la police et de la justice, compétences obtenues après une "minirocade" effectuée entre Claudio Zali et son collègue de parti Norman Gobbi. Mardi soir, au terme d'une rencontre avec son conseiller d'Etat, la Lega s'est résignée enfin à demander le départ de son représentant du gouvernement.
Enquête du Ministère public
Mercredi, l'Exécutif tessinois a fait part de son soulagement à l'annonce de la démission officielle de Claudio Zali : "une décision qui rétablit la crédibilité dans les institutions et redonne confiance aux citoyens", a dit Marina Carobbio Guscetti, qui assumera la présidence du gouvernement cantonal jusqu'aux élections d'avril 2027. "La violence sous toutes ses formes et notamment la violence contre les femmes est inacceptable", a-t-elle conclu.
Le successeur de Claudio Zali au Conseil d’Etat est l’UDC Piero Marchesi, qui a annoncé avoir accepté d'occuper la fonction jusqu’aux élections cantonales d’avril 2027.
Claudio Zali est en outre impliqué dans une autre affaire qui fait l'objet d'une procédure pénale récemment ouverte par le Ministère public tessinois. Le conseiller d'Etat est accusé d'ingérence inappropriée dans le cas d'un jeune homme de 14 ans, fils d'une amie, arrêté et incarcéré pour sa participation à une expédition punitive violente contre un autre adolescent.


