Des feux d'artifice toujours plus écologiques
L'entreprise Sugyp à Corcelles-près-Payerne développe de nombreuses innovations pour rendre ses spectacles pyrotechniques toujours moins polluant.

Souvent critiqué, le secteur des feux d'artifice a fait d'énormes progrès sur les 20 dernières années. L'entreprise Sugyp, basée à Corcelles-près-Payerne, en a fait sa priorité. Elle mise sur la réduction de la quantité de déchets et sur plusieurs micro-innovations pour réduire son empreinte écologique.
Premier exemple avec le papier d'aluminium. Avant, les feux d'artifice étaient recouverts d'une épaisse couche pour les protéger de l'eau et d'un auto-allumage qui viendrait perturber le bon déroulement du spectacle. Seulement, lorsque les projectiles le traversaient, ils se déchiraient en des centaines de petits morceaux qui s'éparpillaient partout, rendant impossible le nettoyage correct du pas de tir.
Désormais, Sugyp utilise un papier d'alu qui sert à emballer du fromage ou du poisson. Il y a une petite couche de plastique très fine, de l'aluminium et du papier. "La différence avec ce produit, c'est qu'il ne se déchiquette pas en minis morceaux, mais il s'ouvre et reste sur les bords", explique le co-directeur Nicolas Guinand.
Plus de plastique
Autre problématique, les déchets qui retombent une fois que les feux d'artifice explosent dans le ciel. Le plastique a été éradiqué. Désormais il n'y a plus que du carton biodégradable qui retombe au sol ou dans l'eau. "C'est encore légal d'utiliser des coques en plastique en Suisse, mais chez nous, ça fait 19 ans qu'on s'est interdit de le faire", affirme le patron de l'entreprise broyarde. "Notre client ne nous donne pas un franc de plus parce qu'on fait ce travail-là, mais c'est un choix écologique."
Autre innovation venue tout droit des cerveaux de Sugyp: des petits clips en métal réutilisables. Ils remplacent les attaches plastiques (Ligarex) utilisés à foison auparavant. Cette invention profite désormais à toute la branche, car une société française s'en est directement inspirée.
"On n'est pas à dire j'ai développé quelque chose, je ne veux pas le partager", insiste Nicolas Guinand. "Dès que ça concerne la sécurité ou des points écologiques, on partage avec les collègues."
80% du chiffre d'affaires de l'été
Le 1er Août se fêtera sans feux d'artifice dans la plupart des communes du canton. La faute à l'interdiction générale proclamée par le Conseil d'État en raison de la sécheresse. Toutefois, une exception est faite pour les feux tirés depuis les lacs de Neuchâtel et Morat.
Sugyp devait livrer environ 250 spectacles pyrotechniques en Suisse romande, mais elle n'en fournira finalement qu'une trentaine. Ces annulations de dernière minute posent un sérieux problème à l'entreprise. La fête nationale représente jusqu'à 80% de son chiffre d'affaires en été.
La perte se fera ressentir l'année prochaine. Pour cette année, les communes doivent tout de même s'acquitter de la facture. Le show prévu leur sera livré l'année prochaine. Elles ne devront alors payer que les frais inhérents à la préparation de la marchandise.
L'inquiétude est grande dans le domaine, car les interdictions risquent de se multiplier en raison des sécheresses et des canicules qui sont toujours plus fréquentes en Suisse. "S'il y a des situations comme celles-ci plusieurs années d'affilée, il n'y aura plus d'entreprises pyrotechniques en Suisse", regrette Nicolas Guinand.
Son espoir: que les interdictions ne soient plus généralisées à l'avenir, mais ciblées spectacle par spectacle en fonction des normes de sécurité qu'il est possible de mettre en place. "Les spectacles pourraient être strictement encadrés par des pompiers, comme c'est le cas au Portugal, en Espagne ou à Malte, où énormément de feux d'artifice sont tirés."


