Didier Castella: "On espère que Cremo va rebondir"
Le ministre PLR sortant est l'un des candidats de l'Entente de droite. Il évoque son bilan et les difficultés de la filière laitière.

Il a un profil de scientifique, peu répandu en politique. Didier Castella a en effet étudié la physique à l’Université de Fribourg. À 29 ans, il décroche un doctorat.
Il travaille ensuite dans le privé - pour Boschung Mecatronic à Granges-Paccot - puis chez Armasuisse, avant d'intégrer le secrétariat général du Département fédéral de la défense, où il est notamment responsable du système de management environnemental.
Un adolescent engagé
En parallèle, le Gruérien de 56 ans aujourd'hui, papa de 3 filles, s'est engagé très tôt en politique. À 16 ans, il rejoint les Jeunesses PLR gruériennes. À 30 ans, il devient conseiller communal de Gruyères, puis vice-syndic.
Il monte encore d'un échelon en 2011, en devant député au Parlement cantonal, il est réélu en 2016. A peu près à la même période, il prend la présidence du PLR fribourgeois.
Il entre au Conseil d'Etat en 2018, lors d'une élection complémentaire à la suite à la démission de la verte Marie Garnier, même s'il ne faisait pas partie des favoris.
Forêts, agriculture et institutions
Il est réélu en 2021. A l'époque, certains le décrivent comme l'homme fort du gouvernement. Pourtant, il choisit de continuer à la tête de la Direction des institutions, de l'agriculture et des forêts (DIAF).
Département qui pèse moins de 10% du budget du canton, qui est bien moins exposé que les départements en charge de la santé ou de l'école par exemple. Manque de courage, manque d'ambition?
"Lorsque je suis arrivé, je n'ai pas eu le choix, c'était le département qui était libre, répond-il au micro de RadioFr. Puis j'ai lancé une série de projets, et pour moi c'était essentiel de les poursuivre et de les voir aboutir, parfois avec des succès, parfois avec des échecs."
Parmi les avancées auxquelles Didier Castella a contribué, on peut citer le développement de l'Institut agricole de Grangeneuve et du centre de compétences de la Confédération pour la recherche agronomique Agroscope, ou encore la modernisation de la loi sur les communes.
Mais certaines de ses réformes ont aussi été rejetées par la population, comme le programme d'économies voulu par le gouvernement, la fusion du Grand Fribourg ou encore le projet de nouvelle répartition des tâches entre Etat et communes.
Proche de la population
Membre du conseil d'administration des TPF, ancien président de la fête cantonale de lutte en 2018, président du Salon Goûts et Terroirs, il est décrit comme proche des gens, bon vivant.
On le dit aussi bosseur, vif d'esprit, connaisseur des dossiers, loyal. Mais qui a tendance à se fâcher en cas de désaccord.
Sportif, aussi. Il aime le ski. C'est d'ailleurs le son de skis sur la neige qu'il a choisi de diffuser sur l'antenne de RadioFr.
RadioFr. Aujourd'hui, les paysans souffrent notamment d'un prix du lait bas. En plus, ils voient Cremo en difficulté financière. Qu'est-ce que vous dites à ces paysans qui ont peur de voir Cremo disparaître?
Didier Castella: Tout d'abord, je partage leur crainte. Maintenant, Cremo a un projet de réforme. Nous allons suivre cela de près. D'ailleurs, je suis en train de créer une commission avec le Grand Conseil pour suivre ce dossier. On espère et on croit que l'entreprise va rebondir pour mieux se positionner.
Cremo est nécessaire dans le milieu du lait...
Je rappelle que même les concurrents n'ont pas intérêt à ce que Cremo disparaisse, parce qu'il faut cette régulation du lait. Elle est extrêmement importante. Le lait, malheureusement, ne suit pas la courbe de consommation. La quantité de production fluctue. Aujourd'hui, on doit aussi trouver des moyens pour arriver à réguler cela. Et Cremo est un outil essentiel.
On voit que certaines entreprises n'arrivent pas à tenir et font faillite. Vous avez toujours dit que le canton ne doit pas intervenir. Est-ce qu'à un moment donné, cela ne sera pas trop tard?
J'ai toujours dit que le canton devait intervenir le moins possible. Ce n'est pas dire qu'il ne doit pas du tout intervenir. Le canton ne peut pas créer de la concurrence déloyale. Mais Cremo est une entreprise systémique. L'État ne peut pas rester sans rien faire. On suit cela de près, on a beaucoup d'espoir pour le futur. Mais pour le moment, on n'a pas non plus de demande du côté de Cremo, d'intervention de l'État.


