Visiter Gletterens pour replonger dans la Préhistoire

Le Village lacustre de Gletterens fête ses 30 ans. Ce dimanche, différents spectacles et animations ont permis d'entrer dans la peau des premiers paysans du Plateau suisse.

Sur l'image, l'une des habitations préhistoriques reconstituées. © Frapp

Au Village lacustre à Gletterens ce dimanche, les visiteurs sont rapidement ramenés à la Préhistoire. Pas de machine à carte pour payer l'entrée, pas d'interrupteur pour éclairer les maisons plongées dans le noir, les habitudes des visiteurs sont quelque peu chamboulées.

Grâce à un plan du village dessiné à la main, différentes familles et curieux se baladent librement à travers le site et visitent les reconstitutions d'habitats préhistoriques. "C'est toujours sympa de faire un rappel de ce qu'on apprend à l'école. Personnellement, j'avais oublié certaines choses", avoue Romain Zbinden, venu en famille. 

Pour certains, l'absence de technologie interpelle: "ça devait être ennuyant parce qu'il n'y avait rien à faire", lance un jeune visiteur. Sa grand-maman voit les choses autrement: "on pouvait vivre plus simplement qu'aujourd'hui, sans Internet". Quoi qu'il en soit, le village souhaite surtout que les gens se projettent dans un quotidien dans lequel mêmes les gestes simples demandaient du temps. "L'idée de départ était l'immersion", explique François Toussel, qui travaille sur les lieux. "On retransmet à ceux qui ont envie d'apprendre", ajoute-t-il.

Une multitude d'activités

À la différence d'un musée, le Village lacustre permet de regarder, mais aussi de s'essayer à des techniques ancestrales. "Le village, c'est l'écrin et les bijoux sont les animations", résume François Toussel. Ce dimanche, plusieurs ateliers proposaient de chasser des lapins ou de tailler la pierre.

Dans un coin du bois, une famille tente de tirer à la sagaie, un long bâton muni d'une lame à l'extrémité. Après quelques essais, Vincent et Thomas semblent être devenus des experts: "je suis fier car j'ai visé en plein dans la botte de foin". Pour Léonard, si le résultat est loin d'être parfait, l'expérience permet de comprendre l'ingéniosité de la technique: "quand on pense qu'il suffit de deux bouts de bois pour abattre la bête, c'est efficace pour l'époque".

À quelques mètres de là, un artisan s’attaque à un bloc de silex. "Je vais essayer de faire quelques gros éclats pour dégrossir la pierre", explique-t-il. Si ces gestes paraissent simples, chaque coup demande en fait une grande précision pour obtenir la forme souhaitée.

Cet été, d’autres événements sont venus compléter ces démonstrations, avec notamment des reconstitutions d’urnes funéraires, des ateliers de gravure ou encore des banquets. La fin de la saison est prévue pour le mois d'octobre.

Frapp - Camille Berset
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