Les forgerons continuent de battre le fer à Charmey
La forge de la Tsintre à Charmey a ouvert ses portes au public ce samedi. L'occasion d'en apprendre plus sur ce métier qui traverse une crise depuis plusieurs années.
Ce samedi, des coups de marteau retentissent à Charmey. Dans un atelier de la commune, des étincelles jaillissent tandis que le feu, dont la chaleur atteint les 1400 degrés, réchauffe la pièce. À l'occasion de la Saint-Jacques et de la Saint-Éloi, patron des forgerons, des maréchaux-ferrants et des artisans du métal, la forge de la Tzintre a ouvert ses portes au public pour sa quatrième édition.
Toute la journée, plusieurs forgerons ont façonné diverses pièces sous les yeux du public. Autour de l'enclume, ils observent avec attention les gestes répétés des artisans. "Ce qui m'impressionne, c'est la force physique qu'il faut déployer pour donner cette forme au métal", avoue Jean-Charles. Gaëlle complète : "c'est fascinant le peu de moyens qu'ils ont mais la grande technologie quand même"
Pour les artisans présents, cette journée est l'occasion de présenter leur travail. "C'est important pour nous car c'est une passion", raconte Philippe Renevey, membre de l'association de la Tzintre. Installée depuis 1919 à Charmey, la forge a conservé son caractère d'origine et le bâtiment n'a quasiment pas été transformé depuis 1925.
Un regain d'intérêt chez les jeunes...
Si ces techniques semblent ancestrales, des milliers de vidéos de forgerie fleurissent sur les réseaux sociaux et intriguent une nouvelle génération. C'est ainsi qu'Eliott Schenker, 26 ans, a commencé à forger. "J'ai vu des vidéos sur internet qui m'ont données envie d'essayer", explique-t-il. Les débuts demandent toutefois beaucoup de patience : "au début on a l'impression de ne rien savoir faire avec ses mains".
...Mais des places de formation limitées
Malgré cet intérêt croissant, les possibilité de se former restent limitées. La forge de la Tzintre n'étant ouverte que le dimanche en période estivale ou sur demande, elle ne permet pas de former des apprentis.
Ce cas est loin d'être le seul en Suisse. Même si la demande est forte, le nombre de places d'apprentissage en forge a diminué au fil des années. De nombreuses entreprises utilisent désormais des éléments métalliques produits industriellement. Au lieu de les façonner à la main, elles les achètent puis les assemblent sur leurs réalisations.
Pour Philippe Renevey, il est important que ce savoir-faire ne disparaisse pas. "On ne va pas laisser le feu s'éteindre". À travers les démonstrations et les initiations proposées à la forge et ailleurs, il espère continuer de transmettre ses connaissances
En plus des démonstrations, différents artisans du coin étaient présents comme un charron, un sellier ou un tavillonneur.







