2 frères fribourgeois, une équipe, un documentaire et du VTT
Cyclistes et entrepreneurs à la fois, Nicolas et Julien Bard ont fondé leur équipe de VTT dans le canton de Fribourg. Un documentaire retrace l'aventure. Interview.

Fondée par Nicolas et Julien Bard, l'ARSA Racing Team représente le canton de Fribourg dans le monde du VTT depuis quatre ans. Le documentaire Le rêve d'une équipe suit l'aventure des deux frères durant 26 minutes. Budget serré, recherche de sponsors, fin de carrière de Nicolas au plus haut niveau, tentative de qualification de Julien pour les championnats du monde à Crans-Montana: la caméra de Camille Christen a tout capté. Rencontre avec les deux frères.
Cette équipe, c'est la vôtre, Nicolas et Julien Bard. Julien, vous êtes l'un des athlètes, Nicolas, vous en êtes le manager. Tout a commencé il y a 4 ans, en 2022, c'est ça?
Nicolas: Exactement. Ça a commencé il y a 4 ans parce qu'on s'est retrouvés à un moment de notre carrière où je courais encore, où on n'avait plus d'équipe tous les deux à la fin d'une saison. On a dû prendre une décision sur la suite, et c'est comme ça qu'on a choisi de créer quelque chose.
Julien, on pose quelle pierre en premier quand on veut créer une équipe cycliste?
Julien: Honnêtement, les premières pierres, je ne les ai pas vues se poser. On a eu ce projet, Nicolas est parti dans son truc de son côté, et tout d'un coup il est revenu avec 2-3 contacts, et on avait déjà un sponsor principal — Arza, qui nous a suivis dans cette aventure. Moi, je me suis occupé de ce que je sais faire le mieux: les dossiers de sponsoring, l'identité de l'équipe. Mais le reste, je ne sais même pas comment ça s'est passé, c'est vraiment Nico qui a tout fait.
Le vélo, c'est une histoire de famille chez vous, Nicolas...
Nicolas: Oui, tout à fait. Notre papa était président de notre club et fondateur de la Coupe Fribourgeoise de VTT. On a toujours baigné là-dedans, on n'avait pas vraiment le choix! (rires)
Cette aventure, c'est plein de défis différents: l'aspect sportif, le sponsoring, l'entrepreneuriat… Tout ça s'est présenté à vous en très peu de temps.
Julien: Oui, ça s'est fait étape par étape. Au début, on n'était que tous les deux dans l'équipe, puis on a commencé à intégrer d'autres athlètes. Mais plus ça va, plus on découvre ce monde-là et plus il faut savoir jongler. C'est une sacrée aventure.
Nicolas, c'est justement ces aspects-là que vous vouliez montrer dans le documentaire?
Nicolas: Oui, c'est ça qui était important à montrer. Tout ce qui est résultats, aspect sportif pur, on le voit sur les réseaux sociaux, à la télé. Ce n'est peut-être pas ça qui intéresse le plus les gens dans ce genre de documentaire. Montrer ces deux côtés — et le travail que ça demande pour en arriver là — c'est ça qui était le plus intéressant, je crois.
Camille Christen, le réalisateur, vous a suivis jour et nuit pendant toute la saison 2025. C'est ça?
Nicolas: Oui, vraiment. Franchement, je l'ai plus vu que mes amis! Il était avec nous partout. C'est très intrusif dans notre vie, mais ça permet de montrer vraiment tous les aspects. Et je pense que ça donne quelque chose de vraiment cool.
Maintenant, on est en 2026, ça fait 4 ans que la structure existe. Vous avez l'impression d'avoir trouvé votre place dans le monde du VTT, Julien?
Julien: Oui, on arrive de plus en plus à ce qu'on voulait faire. On commence à avoir une vraie identité, quelque chose de fixe. On aimerait vraiment s'imposer comme le pont entre les clubs formateurs — qui font un excellent travail — et l'élite. Au début, on ne savait pas jusqu'où on pouvait aller, quelle taille on voulait atteindre. Là, on a vraiment envie de rester à ce niveau: prendre les athlètes depuis les clubs formateurs et les amener vers les meilleures équipes du monde. Si elles nous quittent pour ça, c'est une bonne nouvelle — on n'a pas envie de rivaliser avec les plus grandes structures, ce ne serait d'ailleurs pas réaliste niveau budget. Mais on trouve vraiment notre place, et on a l'effectif qui correspond à cette vision.
La structure a énormément évolué en 4 ans...
Nicolas: Oui, c'est même impressionnant de voir d'où on est partis et où on est maintenant. Chaque année, on a eu la chance d'augmenter l'infrastructure, le staff, le budget, et surtout les conditions des athlètes. En 4 ans, elles ont complètement changé. On arrive maintenant dans une structure ultra-professionnelle où les athlètes n'ont plus qu'à se soucier de leurs courses. Ils arrivent au départ et c'est parti — sans perdre d'énergie dans des choses inutiles.
Et vous, Nicolas, vous n'avez plus qu'à manager. Avant, vous étiez encore coureur en parallèle. Ce nouveau rôle vous convient?
Nicolas: Oui, et j'ai même plus de plaisir à aller sur les courses maintenant. Avant, je me retrouvais entre deux: devoir gérer tout en pensant un peu à ma propre course, faire les deux choses à moitié. Maintenant, je peux vraiment me concentrer sur les athlètes et sur la structure, tout l'aspect hors-sportif. Je trouve ça vraiment cool, et ça me permet de rester dans ce monde de la compétition — c'est parfait.
Julien, vous, vous n'avez plus qu'à pédaler le plus vite possible! Les résultats 2026, vous les qualifiez comment? Il y a eu un très beau résultat récemment…
Julien: Oui, ils sont très bons. Je rentre de Roumanie où j'ai remporté la Coupe continentale, et j'ai reçu un golden ticket — un truc d'un mètre comme ça! — qui me permet de participer à une Coupe du Monde supplémentaire cette année : celle de Lenzerheide, en Suisse, dans quelques semaines. Ça se passe bien, et comme chaque année, j'ai réussi à franchir un gros cap. Je ne suis plus très loin de là où je veux être.
C'est votre dernière année en U23, la catégorie espoir. Une saison charnière?
Julien: Oui, clairement. Le passage en élite, ça change beaucoup de choses. La participation aux Coupes du Monde devient bien plus compliquée. Il faut aller chercher des points par-ci par-là, calculer, faire la saison la plus parfaite possible pour préparer la suite. C'est une saison avec une vraie charge mentale, mais quand les résultats sont là, ça passe beaucoup mieux!


