Agriculteurs et consommateurs victimes de la sécheresse

L'été caniculaire aura des conséquences pour les paysans, mais aussi sur nos assiettes et nos porte-monnaie. On fait point dans Fribourg fait maison.

Les champs de tout le pays ont été durement touchés par la sécheresse. © KEYSTONE

Chaque semaine, la nouvelle formule de l'émission Fribourg Fait Maison! décortique l'actualité fribourgeoise. Hier soir, il était question des paysans qui ont été mis à rude épreuve par la canicule. Car l'été 2026 est le plus chaud des 162 ans d'histoire des mesures en Suisse. Entre le mois d'avril et le mois de juillet, il n'est tombé qu'un peu plus de la moitié des précipitations habituelles.

Les problèmes sont multiples. De nombreux agriculteurs ont déjà pris dans leurs réserves hivernales de fourrage et acheté à prix fort à l'étranger pour nourrir leur bétail. Certains ont même dû abattre des bêtes. Les cultures sont aussi touchées. Par exemple, c'est la pire récolte de pommes de terre depuis l'introduction des mesures. Les laitues ont brulé, les chou-fleur et le brocoli ne grandissent plus, etc.

500 millions de francs de pertes pour les agriculteurs

Selon l’Union Suisse des Paysans, les pertes à cause de la canicule et de la sécheresse s’élèvent à plus de 500 millions de francs pour les agriculteurs suisses. Et le consommateur aussi sera touché. À cause de la pénurie à venir des légumes et fruits suisses, une hausse des prix est à prévoir.

Plusieurs soutiens ont été annoncés ces dernières semaines. La Confédération a débloqué une aide de 54 millions de francs pour cette année, un prêt sans intérêt, et non des subventions ou des aides directes. 

Le canton de Fribourg, lui, a fait appel à l'armée pour acheminer de l'eau par les airs sur les alpages. Et le Grand conseil fribourgeois s'est aussi saisi du dossier. 
Mercredi, deux élus ont déposé une motion. Ils demandent au gouvernement de mettre en place une aide financière extraordinaire à fonds perdu de 10 millions de francs. Le Parlement votera aujourd'hui pour déterminer si cette motion sera traitée en urgence lors de la session du mois d'octobre.

L'interview de Damien Rey, Président des jeunes paysans suisses

Pour parler du sujet, Fribourg Fait Maison! recevait Damien Rey jeudi soir dans les locaux de MEDIAparc. Président des jeunes paysans suisses depuis 2020, le Glânois est agronome et paysan à Châtonnaye. Il possède des vaches laitières et produit des céréales.

Damien Rey, comment vous l'avez vécu cet été?

C'était vraiment difficile. Au mois de juin, les journées sont longues et le soleil se couche tard. Le bétail a souffert. Je n'ai jamais vu mes vaches comme ça. Quand on les sortait à 18h00 après la traite, la moitié ne voulait même pas quitter l'étable. Ça m'a marqué. 

Pourquoi les agriculteurs ne prennent-ils pas en compte la hausse des températures dans le choix de leurs cultures? 

C'est une question qu'on entend, mais qui nous fait sourire. Pour la sélection végétale, il faut compter une quinzaine d'années jusqu'à l'homologation. Ça prend du temps de sélectionner les plantes qui s'adaptent bien à la chaleur.

Un exemple: certains collègues utilisent le sorgho pour remplacer le maïs, mais ce sont des cultures qui ne supportent pas les grosses précipitations comme en 2023 et 2024. Quand on est au contact de la nature, on se rend compte que les choses prennent du temps. On fait face à l'inconnu.

Est-ce qu'on va devoir importer de l'étranger?

Oui, c'est ce qui va se passer. Mais n'oublions pas que la sécheresse touche toute l'Europe, donc il va falloir déterminer d'où on va pouvoir importer. 

RadioFr. - Marie Ceriani
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