Gaza: le Hamas ok sur le désarmement

Le Hamas a consenti vendredi à un accord de désarmement dans la bande de Gaza, en vue d'appliquer la 2e phase du cessez-le-feu entre le mouvement islamiste palestinien et Israël, un des points clés du plan de paix du président américain Donald Trump.

Les combattants du Hamas vont déposer les armes, selon Donald Trump. (Photo d'archives) © KEYSTONE/EPA/HAITHAM IMAD

Plus de neuf mois après l'entrée en vigueur d'une trêve dans la bande de Gaza, des responsables du Hamas ont confirmé à l'AFP qu'un accord avait été trouvé "concernant la question des armes" et "un retrait progressif" des forces israéliennes de Gaza.

Selon un responsable du Hamas, le mouvement compte sur les médiateurs et le "Conseil de paix", créé en janvier par le président américain Donald Trump, pour obliger Israël à respecter les termes de l'accord.

Malgré le cessez-le-feu, les violences entre Israël et le Hamas avaient continué au quotidien depuis le mois d'octobre. Jeudi, des frappes israéliennes ont fait au moins quatre morts, selon les autorités sanitaires locales.

Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre.

Selon Ghazi Hamad, un membre de l'équipe de négociation du Hamas, le mouvement islamiste a fait "des concessions pour le bien de notre peuple dans la bande de Gaza, afin de le sauver de la mort et du déplacement".

Il a affirmé que la question des armes était liée au retrait d'Israël du territoire palestinien.

"Israël n'interviendra pas dans la question du désarmement. Le Comité national est l'instance qui se chargera de cette tâche", a-t-il déclaré à l'AFP en référence au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), créé par le "Conseil de paix".

M. Hamad a ajouté que le Hamas allait désormais discuter des modalités de mise en oeuvre avec les médiateurs et convenir d'un calendrier pour l'exécution de l'accord. "Ce processus prendra environ 14 jours, voire davantage", a-t-il estimé.

"Transition progressive"

Le haut représentant pour Gaza au "Conseil de paix" Nikolaï Mladenov a assuré vendredi que "ce qui se passera ensuite est encore plus important. La mise en oeuvre et la vérification doivent être réelles. Le retrait doit avancer de concert avec le désarmement".

Le "Conseil de Paix entamera bientôt une transition progressive vers l'exercice de l'autorité pleine et entière, avec le soutien de la Force internationale de stabilisation (ISF)", a assuré cet organisme sur X.

L'accord avait été annoncé jeudi soir par Donald Trump sur son réseau Truth Social. "Il s'agit d'une étape monumentale vers une paix et une sécurité durables", a-t-il écrit en soulignant un accord "historique".

Toujours dans le cadre de la 2e phase de l'accord de cessez-le-feu, la Force internationale de stabilisation, une structure naissante censée regrouper des troupes multinationales opérant sous l'égide du "Conseil de paix", collaborera ensuite "avec une nouvelle force de police palestinienne pour garantir la sécurité à Gaza", a ajouté le président américain.

Une réunion des médiateurs, parmi lesquels figurent l'Egypte, les États-Unis, le Qatar et la Turquie, doit se dérouler "bientôt" au Caire, a rapporté vendredi la chaîne Al-Qahera News, proche de l'État égyptien.

Selon un responsable du Hamas, les armes doivent être remises au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), une instance de technocrates palestiniens qui doit gérer, pendant la période de transition, la vie quotidienne à Gaza.

"Le Comité national sera la seule entité habilitée à détenir, stocker ou contrôler des armes à Gaza", a déclaré ce responsable à l'AFP.

Actuellement basé en Egypte, le NCAG est empêché par Israël d'accéder à la bande de Gaza, selon les médias égyptiens et palestiniens.

Israël, qui contrôle aujourd'hui plus de 60% de ce territoire, exigeait un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens.

L'attaque sans précédent menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 a déclenché une offensive israélienne dévastatrice dans la bande de Gaza, faisant plus de 73'300 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

ATS
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