Ben et Léo: "Notre force, c'était l'esprit d'équipe"
C'est un petit tremblement de terre dans le monde de la cuisine fribourgeoise. Le duo emblématique Ben et Léo a décidé de se séparer. Interview.

Radio Fribourg: Qu'est-ce qui vous a poussés à arrêter? Quel a été le déclic?
Ben (Benoît Waber): Après 10 ans, 14 ans si on compte les débuts des événements culinaires, on avait la bougeotte. J'ai renoué avec un des fondateurs d'Umamido, avec qui j'avais travaillé il y a 12 ans. Autour d'un verre, on s'est rendu compte qu'ils avaient l'envie et le potentiel de grandir dans la région fribourgeoise. On a alors saisi l'opportunité de leur transmettre les Kumo, pour pouvoir faire une pause et se relancer ensuite. Dix ans de restauration, ça demande beaucoup d'énergie.
Les Kumo ne disparaissent donc pas, ils changent de propriétaire?
Léo (Léonard Gamba): Effectivement, Simon et Raoul vont reprendre les lieux sous leur entité Umamido. Ces deux prochains mois, on aura encore le plaisir d'accueillir tout le monde. Il y aura un changement, mais ils travaillent dans la même philosophie que nous et on adore ce qu'ils font.
Ben et Léo, c'est donc fini en tant que duo professionnel. Mais vous n'êtes pas brouillés?
Ben: Pas du tout! Et je nous vois déjà proposer de temps en temps des événements spéciaux ensemble. Ce n'est pas un cataclysme.
Quel bilan tirer de ces dix dernières années?
Ben: Beaucoup de joie, de beaux succès, et une amitié qu'on a su transformer en collaboration professionnelle, ce qui n'est pas toujours évident. On se réjouit que cette amitié continue, ça fait plus de 30 ans qu'on se connaît. Il y a eu des challenges, la période Covid, des projets qui ont fonctionné du premier coup et d'autres qui ont demandé plus de réglages. Beaucoup de partage avec nos clients et nos équipes. On servira notre dernier bouillon au Kumo le 31 juillet.
Le monde de la cuisine a l'air très dur de l'extérieur. Comment est-ce qu'on gère cette pression?
Léo: La première chose, c'est la passion. On ne va pas dans la restauration sans elle. Il y a aussi la passion de l'entrepreneuriat, qu'il ne faut pas négliger. Un restaurant, ça touche à tellement de domaines: la musique, l'ambiance, le culinaire, le visuel, le service, la gestion. On a toujours eu un esprit très familial avec nos équipes. Ce n'est pas que d'être cuisinier, et je pense que c'est ça notre force. Ni l'un ni l'autre n'a envie de couper totalement avec la gastronomie.
Qu'est-ce que vous allez faire maintenant?
Ben: Quand on est créatif, ça ne s'arrête pas. Il faut plutôt calmer l'esprit qui veut repartir sur dix projets à la fois. J'ai une partie artistique qui est revenue depuis quelques années, mais pour créer quelque chose de qualitatif, il faut avoir l'esprit libre. C'est difficile quand on a des restaurants ouverts 7 jours sur 7.
Léo: Chez moi, c'est l'esprit entrepreneurial qui domine. J'adore la gestion. À l'Apollo et au Jo. bar, je suis peu dans l'opérationnel. Je m'occupe plutôt du développement. Aujourd'hui, je suis ouvert à d'autres domaines: la santé, l'immobilier ou le consulting.
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