"J'ai gardé ma blessure secrète pour aller jusqu'au bout"

Benjamin Gapany revient dans un documentaire consacré à sa saison 2025 sur sa grave blessure au genou qui a failli le priver de la Fête fédérale.

Une saison marquée par les doutes, la douleur et un incroyable retour. À l'occasion de la sortie du documentaire La Force du Temps, Benjamin Gapany revient sur les coulisses de cette année hors du commun, son pari fou de participer à la Fête fédérale malgré une blessure aux ligaments croisés et ses ambitions pour son retour à la compétition.

La Télé: Comment est née l'idée de ce documentaire ?

Benjamin Gapany:  Le documentaire retrace ma saison 2025, qui s'est terminée avec une couronne fédérale à Mollis. Mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce n'est pas l'histoire d'une saison parfaite. Ceux qui suivent la lutte savent que je me suis blessé au début de l'année. Le film raconte surtout ce parcours de récupération et cette course contre la montre pour revenir à temps pour la Fête fédérale.

Après votre blessure, la Fête fédérale est-elle devenue votre unique objectif ?

Oui. C'était clairement le point culminant de ma saison, et quasiment ma seule chance de lutter après cette blessure au genou. Pourtant, ma préparation hivernale s'était très bien passée et je me sentais en grande forme. J'espérais faire une saison complète, mais la vie en a décidé autrement.

Lorsque le diagnostic est tombé, qu'ont dit les médecins ?

L'IRM a révélé une déchirure du ménisque ainsi qu'une atteinte aux ligaments croisés. J'ai immédiatement demandé si un retour était envisageable pour la Fête fédérale, deux mois et demi plus tard. Les médecins m'ont répondu que c'était possible, mais qu'il y aurait énormément de travail. Il fallait renforcer le genou au maximum et espérer que tout tienne.

Finalement, votre pari a fonctionné. Comment l'expliquez-vous ?

Il y a eu beaucoup de travail, mais aussi sans doute un peu de réussite. Le week-end de la Fête fédérale n'a pas été facile, car mon genou n'était pas totalement stable. Malgré tout, j'ai pu lutter pendant toute la compétition.

Vous aviez annoncé votre blessure au ménisque, mais pas celle des ligaments croisés. Pourquoi ce choix ?

Je voulais parler le moins possible de mon genou afin que mes adversaires ne sachent pas que j'étais fragilisé. Je voulais aussi éviter d'inquiéter mon entourage. Si ma famille avait su que mes ligaments croisés étaient touchés, elle n'aurait peut-être pas été favorable à ce que je participe à la Fête fédérale. J'avais besoin que tout le monde reste confiant.

Très peu de personnes étaient au courant. Quel rôle a joué Paul Tornare durant cette période ?

Au début, même Paul ne savait rien. Mais comme nous nous entraînons très souvent ensemble, il a fini par remarquer que quelque chose n'allait pas. Lui en parler m'a soulagé. Quand on garde ce genre de situation pour soi, cela devient lourd. Il a aussi pu adapter les entraînements avec moi sans alerter tout le reste du club.

Une fois arrivé à Mollis, avez-vous été surpris par votre niveau ou par cette couronne fédérale ?

Pas vraiment. Ce qui m'a surtout surpris, c'est la façon dont mon corps a réagi. J'ai eu l'impression qu'il avait mis la douleur et la peur entre parenthèses. J'ai pu lutter assez librement pendant tout le week-end, en adaptant légèrement mon style. J'ai presque ressenti aucune douleur pendant la compétition.

Et après la dernière passe ?

C'est assez impressionnant. Une fois la couronne assurée, j'étais avec ma famille dans les gradins et tout allait bien. Dès que je suis redescendu, je boitais comme jamais durant tout le week-end. J'ai vraiment eu l'impression que mon corps avait compris que c'était terminé et qu'il pouvait enfin relâcher la pression.

Aujourd'hui, où en est votre rétablissement ?

Mon genou a été opéré en 2026 et je ne lutterai pas cette saison. L'objectif est désormais de revenir à 100 % pour 2027, de réaliser une belle saison, puis d'arriver dans les meilleures conditions possibles à la prochaine Fête fédérale en 2028.

L'objectif est donc une troisième couronne fédérale ?

Oui, bien sûr. J'aimerais décrocher une troisième couronne fédérale. Mais avant cela, il faudra déjà réussir mon retour et retrouver toutes mes sensations.

La compétition vous manque-t-elle ?

Évidemment. Pour n'importe quel sportif, une blessure est difficile à vivre. Cette année, j'irai voir quelques fêtes de lutte, mais pas toutes. C'est parfois plus simple de rester à la maison que d'assister aux compétitions sans pouvoir y participer.

La Télé - Gaël Longchamp
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