Jenny Lorant brise les codes de l'humour
La chanteuse et comédienne fribourgeoise présente son premier one-woman-show les 10,11 et 12 avril à Fribourg. Rencontre au Bilboquet.
Monter seule sur scène pendant plus d’une heure et demie, faire rire, émouvoir et captiver : le défi est de taille. Ce week-end, Jenny Lorant le relève pour la première fois au Bilboquet à Fribourg avec "Voix sur mon chemin", un spectacle qui mêle humour et musique, tout en questionnant la place des femmes dans le milieu.
Habituée aux scènes collectives — revues, pièces et comédies musicales — elle franchit ici un cap important. "Être seule sur scène, c’est difficile", reconnaît-elle.
Un spectacle entre rires et émotions
Avec "Voix sur mon chemin", Jenny Lorant propose une forme qui lui ressemble, loin des codes stricts du stand-up. "Mon truc à moi, c’est la musique", explique celle qui a d’abord été formée au chant classique avant d’explorer la variété, le théâtre et la comédie musicale.
Le spectacle raconte l’histoire d’une petite fille timide, "un peu bouboule", qui rêve de devenir une star avant de découvrir sa voix. Une histoire largement inspirée de son propre parcours. "C’est un peu mon histoire, mais romancée", précise-t-elle.
Humour au féminin : une légitimité à défendre
Si les humoristes féminines sont de plus en plus visibles, elles restent encore minoritaires. Un constat que partage l’artiste fribourgeoise, sans pour autant céder aux clichés. "Je ne sais pas si on apporte plus en tant que femme, mais on apporte tout autant qu’un homme", affirme-t-elle.
Si on a quelque chose à raconter, on peut être autant drôle qu’un homme.
Pour elle, la question n’est pas là : "Si on a quelque chose à raconter, on peut être autant drôle qu’un homme." Un message clair, à rebours des idées reçues, qu’elle entend défendre sur scène.
Oser pour mieux transmettre
En parallèle de la scène, Jenny Lorant dirige sa propre école de comédie musicale. Une activité qui nourrit directement sa démarche artistique. "Je pousse mes élèves à oser, à sortir de leur zone de confort. Donc je dois le faire aussi", souligne-t-elle.
Elle y transmet des valeurs qui lui sont chères : la bienveillance, le plaisir, mais aussi la rigueur. "Monter sur scène, ce n’est pas rien. Il faut travailler pour offrir quelque chose d’abouti."
Avec ce premier seul-en-scène, Jenny Lorant ne cherche pas uniquement à faire rire. Elle espère aussi insuffler une énergie positive. "J’aimerais que le public sorte en ayant la banane, en se disant qu’il faut foncer", confie-t-elle.


