Une femme tuée et cinq blessés à Aarau

Une jeune femme de 22 ans a été tuée et cinq personnes blessées dans une fusillade survenue dans la nuit de samedi à dimanche lors d’une rave party à Aarau, tandis qu’une vaste chasse à l’homme était toujours en cours dimanche. Pratiquement toute la police cantonale argovienne a été mobilisée.

Le porte-parole de la police argovienne lors du point de presse de 14h après la fusillade à Aarau. © KEYSTONE/KEYSTONE/PETER SCHNEIDER
Le porte-parole de la police argovienne lors du point de presse de 14h après la fusillade à Aarau. © KEYSTONE/KEYSTONE/PETER SCHNEIDER
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La soirée touchait à sa fin lorsque les tirs ont éclaté, peu après 02h30, sur le site de l’hippodrome du Schachen, au bord de l’Aar. La musique venait de s’arrêter et la plupart des participants se dirigeaient vers la sortie lorsqu'une femme de 22 ans a été mortellement touchée. Selon le porte-parole de la police Bernhard Graser, un "nombre important" de coups de feu ont été tirés.

Cinq autres personnes, quatre hommes et une femme âgés de 24 à 27 ans, ont été hospitalisées, certaines grièvement blessées. La police n’a pas indiqué si leur vie était en danger. Les cinq blessés ont pu être interrogés.

Toutes les victimes sont domiciliées en Suisse et leur identité a été établie. Selon les agences de presse italiennes, la jeune femme décédée était de nationalité italienne. Le conseiller fédéral Ignazio Cassis a appelé dimanche le ministre italien des affaires étrangères Antonio Tajani pour lui présenter ses condoléances et proposer la pleine assistance de la Suisse dans l’enquête.

La fusillade est survenue à l'occasion de la 7e édition de la "rave argovienne", plus grand rendez-vous du genre dans le canton réunissant quelque 3000 amateurs.

Une ou deux minutes de détonations

Un participant a raconté à la chaîne régionale Tele M1 avoir entendu des détonations pendant "une ou deux minutes". "Au début, on aurait dit des feux d’artifice ou des pétards", a-t-il expliqué. Ce n’est qu’en entendant des personnes crier "Baissez-vous, on tire!" que certains ont compris ce qui se passait.

Plusieurs personnes se sont alors mises à l’abri derrière le réfrigérateur du bar. Le témoin y a vu une femme au sol, touchée par un tir. Avec d’autres participants, il a appelé les secours et tenté de la réanimer, sans succès.

D’autres témoins ont également raconté avoir d’abord confondu les détonations avec des feux d’artifice. Certains participants ont cherché refuge sur place ou dans un gymnase voisin. Blick affirme par ailleurs disposer d’une vidéo enregistrée vers 02h35 sur laquelle on entend des tirs en rafale.

Police sur les dents

Plus de onze heures après la fusillade, la police n’avait toujours "aucun élément concret" sur l’identité du ou des auteurs ni sur leurs motivations. Vers 14h00, elle partait de l'idée qu’ils avaient quitté la région et se trouvaient "quelque part en fuite". A leur arrivée sur place, les policiers ont d’abord tenté de sécuriser le secteur et d’empêcher d’éventuels auteurs encore présents de s’échapper, avant de constater qu’ils avaient vraisemblablement déjà pris la fuite.

Une vaste opération de recherche a dès lors été lancée à l’échelle nationale. Les recherches se poursuivent "sans relâche et à plein régime", y compris au-delà des frontières cantonales, a précisé Bernhard Graser. Des unités spéciales ont été engagées, plusieurs corps de police suisses ont proposé leur aide et la police allemande participe à la traque. Les événements se sont produits à environ 20 km de la frontière allemande.

La mobilisation est massive. Dès les premiers appels d’urgence, vers 02h30, toutes les unités disponibles dans le canton ont été engagées, avant le déclenchement d’une mobilisation générale. "Pratiquement toute la police cantonale argovienne est sur le pont depuis des heures", a relevé Bernhard Graser. Les secours, les pompiers et l’unité cantonale d’intervention en cas de catastrophe (KKE) ont également été mobilisés, ainsi qu’un hélicoptère Super Puma de l’armée.

Un vaste périmètre a été bouclé autour de l’hippodrome, de la piscine et des installations sportives. Des contrôles de véhicules ont été effectués à Aarau et des véhicules blindés faisaient partie du dispositif, ont constaté des journalistes de Keystone-ATS. La présence policière a aussi été renforcée bien au-delà de la ville, des policiers armés ayant été aperçus sur l’autoroute jusqu’à une trentaine de kilomètres du lieu de la fusillade.

Dimanche après-midi, ce bouclage servait toutefois surtout à préserver la scène de crime et à permettre aux enquêteurs de travailler. Selon la police, son maintien était désormais moins lié à des impératifs de sécurité qu’à la recherche de traces et d’éléments de preuve.

Hypothèses diverses

Pourquoi ces coups de feu? A ce stade, la police n’écarte aucun scénario. Elle examine notamment l’hypothèse d’un attentat, tout en relevant un élément qui pourrait parler contre cette piste: la rave était déjà en train de se terminer et le public moins nombreux lorsque les tirs ont éclaté. "Cela ne permet encore de tirer aucune conclusion", a prévenu cependant Bernhard Graser.

Les enquêteurs envisagent aussi une altercation ou des tirs visant certaines personnes, d’autres victimes ayant alors pu être touchées par hasard. "Mais tout cela relève à ce stade de la spéculation."

De nombreuses questions restent ouvertes. La police cherche notamment à déterminer quelle arme a été utilisée. Elle tente aussi de reconstituer précisément le déroulement de la fusillade.

Les images pourraient s’avérer précieuses. Or la police n’avait reçu dimanche après-midi que peu de vidéos ou de photos des événements. Elle a donc renouvelé son appel aux participants et aux témoins pour qu’ils lui transmettent leurs enregistrements.

Pour Bernhard Graser, l’ampleur de la fusillade est exceptionnelle. L’événement est, "par son caractère dramatique, certainement sans précédent sous cette forme ces dernières années", a-t-il déclaré.

Absolument déchirants

Le DJ suisse Tekibo, engagé pour la rave, s’est dit indemne mais profondément marqué. Sur Instagram, il déplore la perte d'une "amie importante", en référence à la jeune femme décédée. "La techno et les raves devraient être un lieu de liberté et de sécurité. Ces événements sont absolument déchirants", a-t-il ajouté.

Une ligne d’information a été mise en place par la police cantonale pour les proches et les témoins.

ATS
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