Le footballeur fribourgeois devenu une star en Chine

Ming-Yang Yang a tenté sa chance en Chine. Il est aujourd'hui en lice pour le titre de champion et fait partie de l'équipe nationale chinoise.

Ming-Yang Yang, originaire de Fribourg, a connu un véritable essor en Chine. © DR

Le parcours de Ming-Yang Yang n'aurait guère pu être plus atypique. Ce milieu de terrain de 31 ans, né à Bâle, a grandi dans le canton de Fribourg, où il a débuté sa carrière de footballeur en 2001 au sein du club AFF/FFV.

Il a fait ses débuts avec le Lausanne Sport. Lorsque le club a été promu en Super League lors de la saison 16/17, Ming-Yang Yang semblait avoir atteint son rêve. Mais les choses se sont passées autrement. L'entraîneur Fabio Celestini ne le jugeait pas à la hauteur de la plus haute division suisse.

S'ensuivent des passages dans plusieurs clubs, du FC Winterthur aux Grasshoppers, en passant par le club anglais Wolverhampton Wanderers. Mais il est rarement aligné, au point même qu'à 25 ans, il envisage de reprendre ses études à la HEC à Lausanne.

Départ pour la Chine

La passion du football a quand même pris le dessus et le regard de Ming-Yang Yang s'est tourné vers la Chine. Lors de son passage en Angleterre, il a pu se faire quelques contacts, le club de Wolverhampton appartenant à un groupe d'investissement chinois. En pleine pandémie de coronavirus, il a fait le grand saut et a rejoint le club de deuxième division Nantong Zhiyun en février 2021.

Il y a un an et demi, il a rejoint les rangs du Chengdu Rongcheng, club de Super League chinoise. Il vit aujourd'hui dans cette métropole de 21 millions d'habitants avec sa femme et ses deux enfants. "Chengdu est une ville sympa, moins internationale que Shanghai", raconte le joueur, qui a la nationalité chinoise. "Ici, tout est aussi un peu plus détendu qu'à Shanghai, où les gens sont plus stressés et davantage axés sur le travail."

Le titre à portée de main

Sur le plan sportif, tout va pour le mieux pour Chengdu Rongcheng. Après sa promotion en 2022, le club s'est rapidement imposé parmi l'élite. La saison dernière déjà, l'équipe était en lice pour le titre de champion et cette année encore, elle est en tête du classement avec 15 points d'avance. Les chances pour le club de remporter son premier titre de champion n'ont jamais été aussi bonnes.

Dans le sud-ouest de la Chine, Ming-Yang Yang est désormais devenu une petite star. On le reconnaît régulièrement dans la rue et on lui demande des autographes. "Nos fans sont incroyablement passionnés", se réjouit-il. Dans le stade moderne de Chengdu, 41'000 spectateurs en moyenne assistent aux matchs à domicile. "Le niveau de jeu est toutefois inférieur à celui de la Suisse", remarque Ming-Yang Yang. "Le football est moins physique et moins intense, ce qui s'explique aussi par la forte chaleur estivale."

Les salaires aussi sont différents de ceux des ligues européennes. "Le gouvernement a instauré des plafonds stricts pour les salaires et les indemnités de transfert", explique le joueur. L'argent doit être davantage investi dans la formation des jeunes. "C'est judicieux pour le développement des joueurs locaux", estime-t-il. Il est néanmoins encore possible de bien gagner sa vie en Chinese Super League. "Avec les primes et tout le reste, on gagne en moyenne quand même plus qu'en Suisse."

Un rêve d'enfant qui s'accomplit

Sur le plan personnel également, Ming-Yang Yang connaît la période la plus fructueuse de sa carrière. À l'exception de deux suspensions pour cartons jaunes, il a disputé tous les matchs avec le club et figurait la saison dernière déjà parmi les joueurs clés de l'équipe. Ses performances régulières lui ont même valu, pour la première fois, une sélection en équipe nationale chinoise.

"Mon rêve d'enfant a toujours été de jouer un jour pour la Suisse", confie-t-il. Il a porté à plusieurs reprises le maillot rouge et blanc chez les U15 et les U20. "Mais à un moment donné, j'ai compris que je n'avais pas le niveau pour ça." De quoi le rendre encore plus heureux d'avoir rejoint l'équipe de Chine. Certes, Yang n'a pas joué lors des matchs de qualification pour la Coupe du monde contre l'Indonésie et Bahreïn, mais sa joie n'a pas été entamée. "Quand je suis arrivé en Chine, je n'aurais jamais cru pouvoir intégrer un jour l'équipe nationale. Je suis tout de même un peu fier de mon parcours."

Alors, le joueur envisage-t-il de revenir un jour à Fribourg? "Je garde un très bon souvenir de mon passage au sein de l'AFF. Je suis toujours en contact avec d'anciens coéquipiers et entraîneurs. Fribourg serait certainement une option", répond Ming-Yang Yang. "Mais je ne m'en préoccupe pas pour l'instant. Je profite simplement du moment présent." En tout cas, une chose est sûre : une fois sa carrière terminée, Ming-Yang Yang souhaite revenir en Suisse avec sa famille.

FNxFrapp - Fabian Aebischer / Michel Spicher / Traduction: Mattia Pillonel
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