Le franc renchérit avec la guerre en Iran
Le franc a gagné du terrain lundi face à l'euro, la devise helvétique jouant à plein son rôle de valeur refuge alors que la perspective de voir l'affrontement militaire au Moyen-Orient durer inquiétait les marchés.

Vers 18h30, la monnaie suisse s'échangeait à 0,90314 EUR/CHF. En cours de journée, elle a atteint 0,89945 EUR/CHF, un plus bas historique excepté la chute de la paire de devises après l'abandon en janvier 2015 du taux plancher face à l'euro.
"Preuve du stress ambiant, la paire EUR/CHF vient d'enfoncer les 0,90. Dans ces conditions, la question du retour des pressions inflationnistes et de leurs conséquences économiques s'impose à nouveau comme l'un des principaux sujets d'inquiétude pour les investisseurs", a averti John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement à la banque Cité Gestion.
Pour Jean-Marc Sabet, directeur général de la plateforme B-Sharpe, "l'entrée en guerre des Etats-Unis, sous l'impulsion de Donald Trump et d'Israël. contre l'Iran a agi comme un puissant catalyseur, déclenchant une ruée massive vers les valeurs refuges. Cette crise a poussé la Banque nationale suisse (BNS) dans ses retranchements face à un franc s'envolant dangereusement".
Le vice-président de la BNS, Antoine Martin, est récemment monté au créneau pour réitérer la volonté d'intervention de l'institut d'émission. "Avec une inflation locale maîtrisée à 0,1% en février, la BNS dispose d'une marge de manoeuvre, mais le risque d'un retour impopulaire aux taux d'intérêt négatifs a certainement grandi", a souligné M. Sabet.
Selon ce dernier, "le marché va scruter chaque inflexion dans le discours de la BNS. La réunion du 19 mars s'annonce explosive et l'hypothèse de l'utilisation de l'arme de dernier recours, le retour aux taux négatifs, n'est plus un tabou".


