Le prix du pétrole remonte

Les cours du pétrole repartaient à la hausse jeudi, récupérant ainsi une partie des pertes de la veille. En cause: la reprise des frappes israéliennes au Liban, qui fragilise la trêve avec l'Iran.

Les cours du pétrole remontent, après leur chute vertigineuse de la veille. Ici, la Bourse de Karachi, au Pakistan. © KEYSTONE/EPA/SHAHZAIB AKBER

Vers 08h20, le prix du baril de Brent de la mer du Nord augmentait de 2,17% à 96,82 dollars. Son équivalent américain, le WTI, gagnait quant à lui 3,25% à 97,47 dollars.

Pour les analystes de la plateforme Trading Economics, cette hausse s'explique par la reprise des frappes israéliennes au Liban, qui ont semé le doute quant à la pérennité du fragile cessez-le-feu en Iran, tandis que le détroit d'Ormuz demeure largement bloqué.

"Les médias iraniens ont rapporté que le trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz avait été suspendu suite aux attaques, sur fond de désaccords entre Téhéran, les États-Unis et Israël quant à l'extension de la trêve au Liban. Un haut responsable iranien a également déclaré que trois dispositions de l'accord de cessez-le-feu avaient déjà été violées", écrivent les experts sur le site.

Pour John Plassard, associé de la banque Cité-Gestion, la capacité réelle des premiers navires à franchir le détroit d'Ormuz sans incident constitue la condition indispensable pour normaliser durablement les marchés de l'énergie.

L'expert estime cependant que ce n'est plus tant le pétrole qui inquiète aujourd'hui, mais le plastique. "La suspension d'un site pétrochimique majeur à Abu Dhabi, après une attaque ayant déclenché plusieurs incendies, rappelle que le choc énergétique est en train de se diffuser bien au-delà du brut. Le polyéthylène et le polypropylène se retrouvent directement menacés. Ces matériaux sont au coeur des chaînes de valeur, de l'emballage alimentaire aux dispositifs médicaux, en passant par les infrastructures et l'industrie", relève-t-il dans son commentaire journalier.

Remontée des prix du gaz

Le gaz TTF néerlandais, qui fait référence en Europe, remontait quelque peu après sa forte chute de la veille. Vers 08h20, le cours progressait de 0,79% à 45,66 euros le mégawattheure.

"L'accord de cessez-le-feu de deux semaines conclu entre les États-Unis et l'Iran, conditionné à la réouverture du détroit d'Ormuz, a apaisé les craintes de perturbations prolongées de l'approvisionnement, même si les marchés restent attentifs à la rapidité avec laquelle les flux pourront se normaliser sur cette voie de passage qui représente environ un cinquième du commerce mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) et de pétrole", observent les analystes de la plateforme Trading Economics.

Au Qatar, des efforts sont déployés pour relancer les opérations du complexe de Ras Laffan, le plus grand terminal d'exportation de GNL au monde, à l'arrêt depuis début mars suite aux frappes iraniennes qui ont considérablement réduit sa capacité.

ATS
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