Les réserves d'eau potable trop faibles en Sarine
Cinq communes de Sarine-Ouest ont annoncé lundi des restrictions sur l'utilisation de l'eau. La consommation dépassait largement la capacité d'approvisionnement.

Si vous habitez dans les communes d'Avry, La Brillaz, Cottens, Neyruz et Prez, alors vous n'avez plus le droit d'arroser vos pelouses, remplir vos piscines ou laver vos véhicules. La décision a été dictée par l'Association pour l'Alimentation en Eau de Sarine-Ouest (AESO), qui assure l'approvisionnement pour les cinq communes.
Avec les chaleurs extrêmes des derniers jours, chaque habitant consomme plus d'eau qu'habituellement. Dimanche dernier à 20h, l'heure à laquelle la consommation est la plus élevée, pas moins de 4000 litres étaient utilisés chaque minute. Or, la quantité d'eau qui arrive sur le territoire des cinq communes n'est que de 2000 litres par minute.
Pour surmonter ces pics de consommation, un réservoir commun de 1500 m³ prend le relais. Mais seulement, il a fallu puiser dans la réserve de sécurité de celui-ci et il a atteint un niveau dangereusement bas. Pour éviter une pénurie, l'AESO a réagi en prenant des mesures lundi et leur impact a été immédiat. La consommation journalière a diminué d'environ 200 m³, soit l'équivalent de la consommation journalière du village de Prez-ver-Noréaz en période standard.
Un mauvais début d'année
Étant donné que la canicule est partie pour durer et que l'été ne fait que commencer, faut-il s'inquiéter pour les prochains mois? "La situation n'est pas très réjouissante, mais elle n'est pas critique", répond Valentin Rotzetter, l'administrateur de l'AESO.
La situation est la conséquence de multiples facteurs. Tout d'abord, les conditions climatiques du premier semestre 2026 ont été défavorables pour la recharge des sources locales. De plus, l’eau potable ne pouvant pas être produite localement doit provenir de ressources régionales, telles que les sources de la Tuffière ou la station de potabilisation de Port-Marly. L’eau doit ensuite transiter par des réseaux interconnectés. Dans des périodes de consommation extrême à un niveau régional, les capacités de transfert entre les réseaux ont également leurs limites.
Toutefois, il n'y a pas de quoi paniquer, estime Valentin Rotzetter. "Avec les restrictions, le système est capable de tenir, il faut juste que les citoyens jouent le jeu". À moins d'un incident grave, il n'y aura pas de pénurie plus sévère. Par contre, aucun retour à la normale n'est prévu pour le moment et il dépendra des conditions climatiques à venir.


