Chiètres: le profil d'un homme "marginalisé" se précise
L'auteur de l'incendie du car postal, un ancien camionneur vivant seul dans un camping-car, subissait des pressions pour trouver un logement.

La police cantonale fribourgeoise a confirmé mercredi la mort de l'auteur de l'incendie, qui s'est immolé dans le car postal, tuant cinq autres passagers. Son identité a également été dévoilée: un Suisse de 65 ans, domicilié dans le canton de Berne. Les autorités l'ont décrit comme une personnalité "instable, marginalisée et perturbée", connue du milieu médical pour des problèmes psychiatriques.
Une vie de précarité et d'errance
Cet ancien chauffeur de camion vivait depuis quatre ans dans un camping-car stationné sur une ferme proche d'Aarberg (BE), révèle le Tages-Anzeiger. Un véhicule décrit comme mal entretenu, rempli de déchets, de bouteilles d'alcool vides et de sacs poubelle.
Le propriétaire du terrain lui avait résilié l'emplacement en janvier, avec un départ exigé fin mars car les frais de stationnement n'étaient plus payés. Ses voisins le décrivaient comme aimable et non agressif, mais nourrissant une méfiance croissante envers l'État.
L'homme bénéficiait d'un curateur pour ses affaires administratives. Au cours des vingt dernières années, il avait été domicilié à au moins huit adresses, parfois pour de courtes périodes seulement, toutes dans le Seeland bernois. Sa boîte aux lettres débordait de poursuites et de convocations.
Le jour du drame
Souffrant de troubles psychiatriques, c'est pourtant en raison d'un problème physique qu'il était pris en charge, quelques heures avant son terrible geste, dans un établissement bernois, vraisemblablement l'hôpital d'Aarberg.
Le mardi du drame, il a quitté l'hôpital avant 13h. Sa disparition a aussitôt été signalée à la police bernoise, qui a lancé un dispositif de recherche. Sans succès. Il serait monté dans le car postal à Guin à 17h51. Des témoins rapportent un comportement étrange, agité. Vers 18h25, alors que le véhicule se trouve près de la gare de Chiètres, il s'asperge d'essence et met le feu, provoquant l'embrasement total du bus.
Pourtant, rien ne laissait présager le pire. Les vérifications policières avaient conclu qu'il ne représentait aucun danger. Les autorités ont confirmé qu'aucun risque d'automutilation ni de danger pour autrui n'avait été détecté.
Son dernier geste était-il celui d'un homme désespéré ? La piste terroriste a en tout cas rapidement été écartée. L'enquête, conduite par le Ministère public fribourgeois, se poursuit.


