Marguerite: "On accepte ce qui vient et on grandit avec"

Révélée au grand public par la Star Academy, Marguerite trace son chemin. Avant la sortie de son premier album, rencontre au Paléo Festival.

Interview de Marguerite au Paléo Festival le 25 juillet 2026. © Radio Fribourg & Frapp

Radio Fr.: Après la Star Ac’, il y a eu un vrai tournant avec ce fameux titre, “Les filles, les meufs”. Au-delà du succès qu’a connu cette chanson, elle a aussi représenté une victoire plus personnelle, parce qu’elle t’a permis de te présenter au public telle que tu es. Et quand je dis au public, cela a aussi permis d’ouvrir un peu la discussion dans ton cercle proche. Il y avait plein de victoires dans ce titre…

C’est une chanson qui m’a fait tellement de bien, qui m’a fait grandir et qui a aussi eu un impact autour d’elle. C’est vraiment un tournant dans ma vie. 

Mais j’ai envie de dire que c’était quand même très courageux de te livrer comme ça dès ta première chanson, non?

Je ne sais pas… Je pense que cela m’aurait demandé plus de courage de faire quelque chose d’un peu distant de moi. Là, c’était tellement naturel et je me sentais tellement prête à y aller… Je crois aussi que je n’avais pas vraiment conscience du succès que cela allait avoir. On ne se rend pas trop compte avant que les choses arrivent.

Il y a eu un premier EP, “Grandir”. Maintenant, ce premier album, “Guérir”, arrive le 2 octobre. Pour le moment, la seule chose que l’on connaît, c’est sa pochette. En la regardant, j’ai ressenti des combats, un peu de fatigue et peut-être de la tristesse… Est-ce que le chemin a été long et peut-être un peu compliqué entre Grandir et Guérir ? Une année seulement sépare les deux…

Je ne dirais pas cela, parce que je pense que ce que représente cette pochette, ce qu’il y a de chargé sur mon visage et dans l’ambiance globale de l’image, renvoie aussi à des choses qui remontent à bien avant et qui sont abordées dans l’album. Ce que j’ai voulu faire avec cette pochette, c’est représenter la tempête. Vraiment la tempête intérieure et extérieure, ainsi que les épreuves de la vie qui viennent creuser nos failles.

Mais il y a aussi une lumière qui arrive par-derrière, et elle est super importante. Parce que l’album est également très lumineux et qu’il parle du fait qu’à travers ce qui est cassé, il y a aussi de la lumière qui passe. C’est vraiment ce que j’ai voulu montrer avec cette image.

Cela a forcément été dur de faire cet album, parce que je suis allée chercher dans des endroits qui ne sont pas toujours faciles à explorer. Il a parfois fallu faire beaucoup de détours pour trouver comment aborder telle ou telle chose. Mais je pense que cela reste un album très lumineux, tout en étant profond. En tout cas, j’ai essayé d’en faire quelque chose qui représente cette nuance, parce qu’elle est importante pour moi.

Est-ce que, parmi les thèmes de ce futur album, il y en a un qui fait peut-être écho à toutes les attaques que tu as pu subir, notamment autour de ce fameux monosourcil? Je te demande cela parce que tu as expliqué que l’écriture t’avait beaucoup aidée à surmonter tout ça et à te dire: “Moi, je suis comme cela et je m’assume. Si cela ne vous plaît pas, tant pis!”

Je pense que l’écriture, c’est une affirmation de soi. Donc, quoi qu’il arrive, s’affirmer est la meilleure réponse que l’on puisse donner aux gens qui essaient de t’expliquer que ce que tu es ne correspond pas à ce qu’il faudrait être.

En vrai, la réponse est oui et non, parce que je n’ai pas voulu écrire un album là-dessus ni en réponse à ces gens-là. Mais il y a certains titres, et notamment un en particulier, qui entrent bien dans cette catégorie. Et c’est cool, parce que, dans ces moments-là, il faut savoir faire de gros “fucks”! Il faut répondre, mais la plus belle manière de le faire, je pense, c’est de s’affirmer et de mettre encore plus de soi-même.

Finalement, si l’on s’arrête sur ce mot, "Guérir", j’ai l’impression que l’on ne passe pas toujours le plus de temps à guérir de ce qui nous est arrivé, mais plutôt des traces que l’événement laisse en nous. Je te dis aussi cela parce que tu racontais avoir ressenti ce froid jusque dans ton corps pendant la création de l’album?

C’est très juste ce que vous dites, parce qu’il y a justement une chanson qui aborde cela dans l’album. Mais je n’en dirai pas plus! (sourire)

Il y a vraiment un rapport au corps qui est exploré dans l’album. Beaucoup de chansons abordent cette thématique, ce rapport et ce dialogue que l’on entretient avec notre corps, en tant qu’être humain, mais aussi en tant que femme.

Je suis assez d’accord: il y a les chocs, mais il y a aussi les traces qu’ils laissent. Parfois, il faut les soigner. Parfois, il faut aussi les accepter, parce qu’elles ont un impact sur notre trajectoire et sur notre identité, et pas toujours d’une mauvaise manière. Il faut arriver à retrouver le positif et la lumière là-dedans. C’est vraiment tout le concept de l’album.

Je me suis un peu attardée sur certaines publications de ton compte Instagram et j’ai ressorti deux publications, dont ce carrousel du 30 décembre 2024, deux jours après ta sortie de la Star Ac’. On y découvre cette vidéo de toi au château, dans laquelle tu dis: “Mais est-ce qu’en perdant, on ne gagne pas finalement, parce qu’on apprend?” Est-ce que tu crois qu’au fond, ce ne sont pas justement nos échecs ou nos blessures qui nous construisent et nous font grandir?

Bien sûr. Mais je crois que ce n’est pas tant une question de dire qu’il vaudrait mieux perdre ou qu’il vaudrait mieux gagner pour pouvoir avancer. Il s’agit plutôt de développer cette capacité à comprendre ce que la vie place sur ton chemin et d’essayer d’être à l’écoute des défis qu’elle met sur ta route. Il faut essayer de vivre dans le présent, en mode: “OK, là, cela se passe comme ça. Je me sens guidée dans cette direction, alors on y va.” Il faut être hyper à l’écoute, ouverte… Et je pense qu’il faut avoir de la gratitude pour tout.

Je crois que c’est Jean d’Ormesson qui disait: “Merci pour les roses, merci pour les épines.” J’aime beaucoup cette phrase. Il faut accepter ce qui vient, et on grandit avec.

©margueritecommelafleur_

La dernière publication que j’ai retenue date du 18 avril 2026. C’est une photo de toi en train d’écouter le mix final de "Les filles, les meufs". En légende, tu écris: “Aujourd’hui, c’est le premier anniversaire de cette chanson. Depuis, ma vie a changé, depuis j’ai grandi, depuis je trouve beaucoup de choses plus belles.” Alors, j’aimerais savoir qu’est-ce que tu trouves de plus beau depuis la sortie de ce single? 

Je pense que c’est un titre qui m’a permis d’avoir accès à des sensations et à des situations que je n’aurais jamais imaginé vivre. Je pense notamment au frisson que l’on peut ressentir en étant sur une scène de festival et en voyant des milliers de personnes chanter la même phrase. Que ce soit ma chanson ou pas, je trouve cela trop magnifique!

Et quand je dis que je trouve davantage de choses belles, c’est aussi parce que cette chanson m’a redonné beaucoup d’espoir sur plein de choses. Elle m’a permis de me sentir moins seule avec ce texte et avec tout ce qu’il raconte.

Je crois que c’est vraiment ce que cette chanson m’a apporté : elle m’a reliée à des gens à travers ce titre.

Marguerite sera en concert le 16 janvier 2027 aux Docks à Lausanne.

Retrouvez l’interview complète en podcast:

RadioFr. - Virginie Pellet
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