Mathilde Gremaud: "Je n’avais pas le choix d'arrêter"

Après sa chute aux JO en Big Air, Mathilde Gremaud met fin à sa saison, freinée par des douleurs persistantes au dos.

Mathilde Gremaud contrainte de mettre fin à sa saison après sa chute aux Jeux olympiques, tournée désormais vers un retour en pleine forme. © Frapp

Frapp: Mathilde Gremaud, pourquoi avoir mis un terme à votre saison?

Mathilde Gremaud: Je n’ai pas pu participer aux deux dernières Coupes du monde. Ce n’était pas vraiment une décision dans le sens où je n’avais pas le choix. Après ma chute aux Jeux, je n’étais pas encore en forme. Je n’avais rien de cassé, mais j’avais beaucoup trop de douleurs au bas du dos. Pendant toutes les semaines entre les Jeux et la Coupe du monde, je n’ai pas pu skier ni m’entraîner correctement. En fait, je n’avais absolument aucun entraînement et encore trop de douleurs pour pouvoir envisager de skier.

J’ai essayé de faire en sorte que ça joue, que je sois prête, mais ça ne s’est pas passé comme prévu. À un moment, il a fallu accepter: je ne pouvais tout simplement pas skier. La décision n’a pas demandé beaucoup de réflexion, c’était assez clair.

La malheureuse chute de la Fribourgeoise, capturée par les caméras de la SRF:

Êtes-vous devenue plus raisonnable avec les années? Auriez-vous pris la même décision il y a 5 ans?

Je pense que j’aurais pris la même décision de toute façon. Dans certaines situations, on peut hésiter, mais là, ce n’était pas possible. Je me voyais, et je ne pouvais pas bouger mon corps de manière à faire une compétition, encore moins des tricks ou des gros sauts.

C’est vrai aussi que ma vision a un peu changé avec le temps, notamment par rapport à la prise de risque. Si je pense à la longévité de ma carrière, certaines décisions ne se prennent plus comme il y a cinq ans. Et quand le médecin m’a clairement conseillé de ne pas y aller, ça a confirmé ce que je ressentais déjà.

Il y avait aussi un peu de frustration, peut-être liée à mes attentes. Mais une fois que la décision était prise et claire, tout s’est relâché. Et c’était important que ça se relâche, pour éviter que ça ne dure encore plus longtemps.

Comment évolue votre condition aujourd’hui?

Ça va déjà mieux. J’ai recommencé à skier un petit peu, notamment dans le park. Je sens que je bouge mieux, que les sensations reviennent, donc c’est vraiment positif.

Quels sont vos objectifs pour la suite?

Ce qui me motive le plus maintenant, c’est de pouvoir faire une saison complète. Ces deux dernières années, ça n’a pas été le cas pour différentes raisons, et c’est quelque chose qui m’a frustrée. J’ai envie de retrouver de la continuité, de pouvoir enchaîner les compétitions.

J’ai aussi quelques objectifs personnels, notamment sur certains tricks que j’aimerais réussir d’ici la fin de la prochaine saison. Il y a un vrai projet de progression derrière tout ça. Et sinon, l’idée, c’est aussi de retrouver simplement le rythme des compétitions et la routine.

Un dernier mot pour conclure?

Oui, j’aimerais vraiment remercier La Berra et son ski club pour leur soutien pendant les Jeux. J’ai toujours été soutenue, mais là, c’était particulièrement fort. C’est ma montagne d’enfance et de cœur, donc ça compte énormément.

Et puis un petit clin d’œil au Le Gîte d'Allières, qui appartient maintenant aux remontées de La Berra et qui aurait besoin d’un petit rafraîchissement pour pouvoir revivre comme avant. Les moments après-ski qu’on y a passés, autour d’un chocolat chaud, c’était vraiment des souvenirs incroyables. On espère que ça pourra bientôt repartir.

Frapp - Laura Kolly
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