On débarque chez vous: Broc
Mattia Pillonel et Karin Baumgartner sont allés découvrir Broc, ses habitants, ses commerces, sa vue sur les Préalpes et sa piscine.

La commune en 30 secondes
- Habitants: 2950
- District: Gruyère
- Particularité: la Maison Cailler à Broc était en 2025 l'endroit le plus visité de Suisse romande. Chaque année, presque 500'000 personnes viennent y découvrir l'histoire du chocolat au lait.
- Fierté locale: la vue sur le Moléson et la Dent de Broc, le Carnaval, la société de jeunesse, le centre sportif, la chapelle Notre-Dame des Marches.
- Ce qui manque: un bar ouvert le soir, des places de parking.
- Ce que les habitants adorent: être proche de la nature, les nombreuses randonnées dans les alentours, la tranquillité et le train qui relie Bulle, Fribourg et Berne.
- Le truc qu'on ne sait pas sur votre village: les habitants sont surnommés les Brasse-Pacot (Bråtha-Paco en patois fribourgeois), soit "ceux qui brassent la boue". Ce sobriquet fait référence aux chemins marécageux d'autrefois.
Le visage du jour
Près de la chocolaterie, caché derrière un quartier de maisons, un garage abrite quelques camions de chantier qui viennent d'une autre époque. Gaëtan Oberson est mécanicien, et son boulot, c'est de retaper ces vieux poids lourds. Cette collection appartient au directeur de l'entreprise locale de maçonnerie et de génie civil Dibrani.
Tous les camions ont été fabriqués en Suisse par le constructeur Saurer entre les années 60 et 80. La pièce maîtresse est un véhicule de la brasserie Cardinal de 1963. "Nous l'avons retrouvé dans un lot de trois camions en Valais", explique Gaëtan Oberson. "Notre idée est de ne pas aller trop loin dans la restauration pour que les gens voient le vécu de l'engin."
Gaëtan Oberson a fait un apprentissage de mécatronicien poids lourd il y a 15 ans. Toujours passionné de mécanique, il travaillait pour l'entreprise Dibrani à l'entretien des machines de génie civil. Un jour, son patron achète un premier Saurer des années 80, puis un deuxième, cette fois des années 60. "De fil en aiguille, on retape ces vieux véhicules et puis la passion vient en faisant."
"On refait ces camions avec ce qu'on a", rigole le passionné. "C'est de la mécanique relativement simple, ce qui permet de pouvoir tout faire avec pas grand-chose. Mais il y a toujours un truc à bidouiller." Et puis, comme il le dit lui-même : "Ces poids lourds ont fait la Suisse."
Le lieu à connaître
Nous aurions pu vous parler de la chocolaterie, mais au lieu de rejoindre les milliers de touristes qui viennent y découvrir l'histoire du chocolat au lait chaque jour, nous avons plutôt décidé de nous rafraîchir et d'aller voir la piscine ouverte. Sur place, nous avons été accueillis par Claude Cretton, syndic de la commune depuis six ans. Il connaît bien les lieux et pour cause: il était là lors de l'inauguration de la piscine en 1962. Il vient y nager un kilomètre tous les deux jours.
En 2024, elle a été entièrement rénovée pour la première fois depuis son inauguration. La grande nouveauté? Un toboggan "qui fait la joie des enfants". "Nous sommes très fiers de cette piscine, c'est une belle réussite et on nous le dit tous les jours", sourit Claude Cretton.
La piscine a également été agrandie et approfondie pour le plongeoir de 3 mètres. D'ailleurs, fait insolite : le bassin, creusé dans les années 60, ne fait pas 25 mètres, ni 50 mètres, mais... 33 mètres.
"Broc, c'est 'the place to be'", rigole le syndic. En plus des touristes du chocolat, "nous avons des citoyens de tout le canton qui viennent pour la piscine et le centre sportif", qui propose notamment des terrains de tennis et de pétanque avec vue sur le Moléson et la Dent de Broc.
Parole aux habitantes et habitants...
"À Broc, on trouve tout ce dont on a besoin, sans être dans une ville." Jean-Paul Descuves est originaire des Sciernes d'Albeuve, mais habite à Broc depuis 26 ans. Quand on lui demande ce qu'il apprécie ici, la liste est longue. "Il y a un super centre sportif, on est proche de la nature et des montagnes, la société de jeunesse est très active, il y a aussi le carnaval chaque année."
Sa seule inquiétude ? Il regrette le fait qu'il n'y ait pas de lieu de rencontre ouvert le soir, un bar où il peut venir boire un verre avec ses amis. Avec le développement de la chocolaterie Cailler, il craint également pour la mobilité. La route qui traverse Broc est déjà très empruntée du matin jusqu'au soir.
Une inquiétude partagée par Daniel Waeber. Originaire de la région, il vit aujourd'hui à Genève, mais est propriétaire d'un immeuble à Broc, où il vient presque toutes les semaines. Lui qui connaît bien la grande ville, il apprécie "la tranquillité" brocoise, et puis "les randonnées dans la région, par exemple le tour du lac de la Gruyère".
Nous avons rencontré Jean-Paul et Daniel en buvant un café au tea-room Hauser, en plein centre du village. Un lieu de rencontre pour les habitants, confirme Béatrice Vallélian, la gérante de l'établissement. Elle se souvient qu'à carnaval à l'époque, son tea-room restait ouvert du vendredi au mardi non stop et que "les grands-mamans venaient boire leur café le matin et dansaient avec les derniers fêtards qui finissaient leur nuit".
Ce qu'on retient de notre journée
Il y a encore tant de choses que nous aurions pu faire à Broc. Une visite de la Chocolaterie, une messe à Notre-Dame des Marches avec des scouts que nous avons croisés en chemin, un tour de la pension pour animaux "Au Cœur du Loup", faire un saut à la Petite Fabrique pour ses cosmétiques 100% naturels, une randonnée sur la Dent de Broc... Le temps nous a malheureusement rattrapés. Mais cela montre bien tout ce que peut offrir cette commune.
En tout cas, les Brocois et Brocoises – ou plutôt les Brasse-Pacot – aiment leur région et sont fiers d'y vivre. Vous êtes nombreux à nous avoir écrit, et nous avons été accueillis à bras ouverts. Une chose est sûre, vous nous avez donné envie de revenir pour en découvrir plus.


