Rémi Bonnet: "il y a moyen d’aller une minute plus vite"

Deuxième pour sa première participation Morat-Fribourg, Rémi Bonnet a flirté avec la victoire. Il raconte sa course et rêve déjà de revenir.

Le Gruérien a signé le meilleur chrono de l'histoire de la course pour un coureur suisse. Mais cela n'a pas suffi pour arracher la victoire. © CYRIL ZINGARO/KEYSTONE

Le Kényan Brian Kipchumba a remporté dimanche Morat-Fribourg, en 51'57''. Rémi Bonnet a pris la deuxième place, à seulement quelques secondes du vainqueur. Pour sa première participation, le spécialiste de la course en montagne de Charmey a frappé fort. Il signe le meilleur chrono pour un coureur suisse de toute l'histoire de Morat-Fribourg. Autre record suisse: la Valaisanne Oria Liaci remporte le titre pour les femmes et réalise le meilleur temps pour une Suissesse.

Le Gruérien a longtemps couru avec les meilleurs avant de céder dans la dernière montée. Un résultat qui lui laisse forcément quelques regrets, mais surtout l’envie de revenir. Au micro de Radio Fribourg, il raconte cette première expérience sur la mythique course fribourgeoise.

L'interview de Rémi Bonnet

Radio Fr: tu termines deuxième en 52 minutes pour une première participation. Vous réalisez?

Rémi Bonnet: c’est fou, mais je n’y crois pas trop. Pour moi, c’était impossible d’aller sous les 54 minutes. Ça montre que j’ai peut-être aussi un talent sur la route, pas seulement quand ça monte. Il y a beaucoup de gens qui disent que les trailers sont lents et qu’ils sont seulement bons à courir lentement. Là, ça montre qu’on est aussi parmi les meilleurs sur la route.

Qu’est-ce qui vous a manqué pour aller chercher la victoire?

Un petit peu de vitesse. J’avais fait deux séances à plat avant de venir ici, mais je n’avais pas du tout travaillé ma vitesse. Je pense que ça s’est senti dans les descentes. Mes jambes étaient peut-être un peu trop surmenées et je n’ai pas l’habitude de courir à des vitesses pareilles. Dans la dernière montée, je n’avais plus beaucoup de réserve pour attaquer. C’est peut-être ça qui m’a coûté la victoire.

Là, je n’avais plus rien dans les jambes.

Vous aviez encore l’espoir de revenir dans la dernière montée?

À un moment, je commençais un peu à revenir. Mais quand tu es devant, tu vois quand ça revient et tu peux vite en remettre une. C’est compliqué de revenir. Si tu es vraiment plus fort, tu y arrives, mais là je n’avais plus rien dans les jambes.

Vous avez l’habitude d’avoir de la marge en montagne. Là, vous sembliez complètement à bloc.

Je ne pense pas avoir déjà poussé aussi fort la machine. Là, on n’a pas du tout de moment de répit. Dans les faux plats descendants, les autres récupèrent et moi c’est là où je suis le plus à bloc. Je pense que j’ai encore besoin de travailler ma foulée pour être confortable à ces vitesses. 

Vous avez quand même pris du plaisir sur route?

Franchement oui. C’était un challenge et ça m’a bien motivé. Beaucoup de potes à moi font cette course chaque année, donc c’est clair que ça me motive à revenir. J’aimerais bien revenir avec une bonne préparation et montrer vraiment ce que je suis capable de faire là-dessus.

Vous reviendrez donc avec l’objectif de gagner?

C’est clair. Pour moi qui suis de la région, c’est vraiment cool. J’ai entendu beaucoup de fois mon nom sur le parcours et ça fait chaud au cœur. Ça me motive à essayer de venir la gagner une fois. Je pense qu’avec un bon mois d’entraînement sur la route, il y a moyen d’aller une petite minute plus vite.

RadioFr. / Frapp - Thibaut Clémence
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