Le personnel de St-Paul Médias poursuit sa mobilisation

Le personnel de St-Paul Médias a tenu jeudi à Fribourg une nouvelle mobilisation contre la restructuration de l'éditeur de La Liberté. Le conseil d’administration a confirmé la veille son plan qui prévoit de licencier 15 personnes dans les rédactions et le marketing.

Le personnel de St-Paul Médias doit se réunir une nouvelle fois ce jeudi, devant les locaux du boulevard de Pérolles 40, à Fribourg. © KEYSTONE/ANTHONY ANEX

Le personnel de St-Paul Médias a tenu jeudi à Fribourg une nouvelle mobilisation contre la restructuration de l'éditeur de La Liberté. Le conseil d’administration avait confirmé la veille son plan qui prévoit de licencier 15 personnes dans les rédactions et le marketing.

"Les premiers licenciements ont été prononcés alors que se déroulait la mobilisation", a indiqué à Keystone-ATS Julie Rudaz, membre de la délégation du personnel et présidente de la société des rédactions. Une quarantaine de salariés étaient réunis vers 15h00 devant les locaux de La Liberté, avec des banderoles confectionnées le matin.

Le personnel a exprimé sa colère et répété sa "vive" opposition à une restructuration annoncée le 30 avril qui veut supprimer 13,5 postes EPT, dont 10 dans les rédactions, contre 18 (13) à l'origine. Il s'est dit "consterné face à l’inflexibilité du conseil d’administration" de recourir à des licenciements.

Affaiblissement

Et ce "malgré les nombreuses démarches entreprises par le personnel et sa délégation", a précisé Julie Rudaz, via des actions soutenues par Syndicom et Impressum. La restructuration touche des journalistes, des correcteurs et des salariés du service marketing des titres La Liberté, La Gruyère et La Broye Hebdo.

"Nous restons convaincus que les objectifs financiers fixés pourraient être revus à la baisse, et que des solutions moins brutales que des licenciements sont possibles”, avait dit mercredi Julie Rudaz, après une rencontre avec le conseil d'administration présidé par Martial Pasquier, sollicité à la place de la direction.

La journaliste craint un nouvel affaiblissement. La mobilisation de jeudi, tenue une semaine après une première qui avait rassemblé une centaine de personnes, a été précédée par une intervention Frédéric Deshusses, auteur en 2024 de l'ouvrage "L'adieu au plomb", qui a évoqué "les travailleurs des médias face au démantèlement.

Pétition en ligne

Une pétition en ligne a été lancée, au terme d'une "journée difficile", a relevé Julie Rudaz. Le ton s'est durci lundi avec la confirmation par la direction de la restructuration, assortie d'un plan social, alors que la délégation du personnel lui avait transmis le 2 juillet ses propositions après la procédure de consultation.

Un courrier a été aussi remis mardi à la mère supérieure de la congrégation des soeurs de St-Paul, actionnaire majoritaire. Les licenciements prendront effet pour la plupart le 31 décembre, selon la direction. Le groupe qualifie la mesure de "douloureuse, mais nécessaire pour assurer à moyen terme la pérennité de l'entreprise".

L'objectif de St-Paul Médias, dont La Liberté est le navire amiral, consiste à offrir une "information régionale et de qualité aux habitants du canton de Fribourg et de la Broye vaudoise". Les termes du plan social seront quant à eux négociés avec la représentation du personnel et les syndicats après les vacances d’été.

Rédaction unique

Le groupe de presse "s’engage à assumer dans ce cadre sa responsabilité sociale d’employeur", a affirmé la direction lundi. Reste que Syndicom et l'organisation professionnelle Impressum estiment que "l’ampleur de la perte d’emplois portera gravement atteinte à la qualité des titres".

La réorganisation implique notamment que les trois titres du groupe ne formeront plus qu'une seule rédaction commune, répartie sur trois sites (Fribourg, Bulle et Payerne), à partir de l'an prochain. Elle répond à l'érosion des revenus traditionnels que sont les abonnements et la publicité, selon la direction.

La restructuration nécessitera en outre une adaptation de l'offre éditoriale aux nouveaux horaires d’impression, celle-ci s'opérant chez Tamedia à Berne. La Liberté et La Gruyère verront leur horaire de bouclage avancé, à 19h50 même pour la première. Le changement, "majeur", sera ponctué de nouveaux habits graphiques.

L'idée vise à faciliter la diffusion d’articles de part et d’autre, "sans que les journaux ne se ressemblent trop". Le groupe compte 113,2 postes EPT, sans les porteurs, soit 77,8 dans les rédactions, 33,6 dans l'administration et 1,8 à la direction. La coupe dans le personnel s'inscrit dans un contexte général défavorable à la presse.

ATS
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