Romont: sans toit, gymnastes et judokas pansent leurs plaies
Au lendemain de l'incendie qui a détruit la halle des Avoines, deux clubs sportifs et leurs centaines de membres se retrouvent sans lieu d'entraînement.
Au lendemain du sinistre qui a détruit leur halle sur la Promenade des Avoines, Romont-Gym et le Judo Club de Romont mesurent l'ampleur des dégâts. Costumes, archives, équipements: des décennies d'histoire sont parties en fumée.
Mardi soir, un entraînement de gymnastique se déroulait encore autour des remparts au moment où l'incendie s'est déclaré. "Heureusement, il avait lieu à l'extérieur, tandis qu'un groupe d'agrès était à la piscine", confie la présidente du club, Cyntia Descloux, non sans émotion. Les costumes, les photos, les coupes et les médailles du club n'ont pas pu être sauvés. "Les pompiers ont gentiment accédé aux archives, mais tout avait fondu."
La société, âgée de plus de 160 ans, entretenait un lien particulier avec ce bâtiment: construit il y a 80 ans et abritant notamment une serrurerie, il avait été partiellement transformé par le club lui-même dans les années 1950, avant que celui-ci ne le vende à la commune de Romont. Aujourd'hui, le club de gymnastique compte 300 membres.
Un été chargé malgré tout
Si aucun entraînement n'est prévu cet été, la société devra tout de même s'organiser pour un rendez-vous de taille: elle accueille en septembre, au Bicubic, le championnat cantonal d'agrès individuel, où plus de 500 participants sont attendus — mais sans le matériel désormais disparu. Un comité est prévu ce mercredi soir pour explorer des solutions.
Le judo club de Romont, qui occupait le sous-sol de la halle en location auprès de la commune, est également durement touché. "C'est une histoire du club qui disparaît", résume son président Emmanuel Bussard.
La société, qui fête cette année ses 60 ans, occupait les lieux depuis près de 45 ans. Elle y avait investi au fil du temps des dizaines de milliers de francs d'équipement, entièrement détruits dans l'incendie.
Il ne restait qu'un seul entraînement avant les vacances scolaires, mais les cours se poursuivent habituellement l'été pour les adultes. Une solution devra donc être trouvée rapidement pour la centaine de licenciés du club.
Sur quelles infrastructures se rabattre?
Concernant le relogement des sociétés sinistrées, le syndic Jean-Claude Cornu se montre plutôt rassurant pour les activités, grâce notamment au nouveau site d'En Bouley, ainsi qu'à d'autres infrastructures communales comme le tennis, la patinoire ou la piscine Epicentre.
La situation s'annonce en revanche plus délicate pour le judo club. "L'installation d'un dojo nécessite un équipement spécifique qui ne peut être monté ou démonté au gré des disponibilités, ce qui pourrait compliquer sérieusement la reprise des activités du club", prévient l'élu.
Cause à identifier
Concernant l'origine de l'incendie, le syndic rappelle qu'il s'agit d'un bâtiment ancien, où des causes techniques ne peuvent être exclues. Quant à un éventuel lien entre les trois sinistres survenus ces dix derniers jours à Romont, la police indique ne pas disposer d'éléments allant dans ce sens, sans pour autant écarter cette hypothèse. Aucune piste n'est privilégiée à ce stade concernant l'incendie de la salle des Avoines: les enquêtes sont en cours.


