Le remède magique de Jeannot: un chibre avec ses potes
Le Glânois a eu un AVC il y a trois ans. Depuis, ses amis viennent chez lui chaque mardi pour jouer aux cartes. Et ils se tapent des barres de rire!

Chaque mardi en début d'après-midi, c'est le même rituel. Jacques, Christian et Patrick arrivent chez leur copain Jeannot, à Villaz-St-Pierre. Véronique, l'épouse de Jeannot, leur a préparé à chacun une branche de chocolat, avant de leur laisser champ libre. Des bières sont au frais. Surtout le jeu de cartes est prêt, avec son tapis, son carnet à scores et son crayon.
Car le mardi après-midi, c'est chibre, un point, c'est tout. Depuis trois ans, les quatre contemporains de 1961 n'ont loupé qu'une ou deux fois ce rendez-vous sacré.
Les retraités se réjouissent aujourd'hui de se rencontrer chaque semaine, mais c'est un événement tragique qui a provoqué cette routine immuable: l'AVC de Jeannot. Cet accident lui a laissé des séquelles: des difficultés pour parler et un bras paralysé. Mais ce qui compte le plus est qu'il a pu rentrer chez lui, alors que le pronostic médical n'était au départ pas très encourageant.
Un pur plaisir
La tradition du mardi après-midi a commencé quand Jeannot était hospitalisé à Meyriez, après son AVC. Ses copains, un peu maladroits, un peu mal à l'aise, ont eu l'idée d'amener un jeu de cartes pour le distraire. Et ils sont revenus le mardi d'après. Et celui d'après. Et celui d'encore après. "Au départ, je le faisais un peu par pitié, avoue Jacques. Mais très rapidement, c'est devenu un pur plaisir. Je me réjouis sincèrement de ces moments entre copains. On était à l'école ensemble. On rigole et on se crée de nouveaux souvenirs."
Patrick est du même avis: "Les premières fois, on prenait un peu des pincettes avec Jeannot. On n'osait pas dire telle blague ou faire telle chose. On s'est finalement rendu compte qu'il ne fallait pas trop le ménager!" Le caractère de Jeannot n'y est pas pour rien: "Il ne se plaint jamais, il n'est pas gnauche!", lance Christian. Le ton est libéré: ici on jure un peu, on bataille pas mal et on se charrie beaucoup!
C'est toujours la faute du bout de bois
Au départ, Jeannot ne pensait pas que ses amis reviendraient chaque semaine. "C'est super, jouer aux cartes ensemble, c'est magnifique", résume-t-il simplement. Le sexagénaire a même un support customisé qui lui permet de bien voir ses atouts et de libérer l'une de ses mains. "On l'appelle le bout de bois! Jeannot en a un deuxième en réserve. Alors quand il perd, on dit que c'est le bout de bois qui porte malheur et on prend celui de réserve!", plaisantent les quatre complices. Est-ce que voir ses copains chaque mardi est le meilleur des remèdes? "Je n'en ai pas d'autres!", rigole Jeannot. "Nous sommes sa pilule magique!", assurent ses trois copains.


