Une stratégie d'irrigation pour l'agriculture fribourgeoise

Un plan d'action de 69 millions de francs doit permettre de concilier la production agricole et une utilisation durable des ressources hydriques du canton.

L'investissement de 69 millions de francs d'ici à 2035 sera principalement dédié à la planification et à la construction d'infrastructures collectives. © La Télé

Le canton de Fribourg va investir 69 millions de francs pour développer ses infrastructures d'irrigation. Face à l'aggravation des sécheresses et à la pression croissante sur les ressources hydriques, le Conseil d'État a dévoilé ce lundi sa "Stratégie irrigation 2035".

Coûts élevés, risques économiques pour les exploitants, manque de données, procédures administratives complexes et vulnérabilité accrue des ressources en eau: actuellement, le développement de l'irrigation se heurte à de nombreux obstacles, souligne le canton dans un communiqué. Obstacles que les agriculteurs connaissent bien.

Un apport soigneusement planifié

Florian Moser cultive notamment la pomme de terre sur l'exploitation qu'il gère avec son père à Vallon dans la Broye. Les deux agriculteurs n'ont pas attendu le canton pour développer leur système d'irrigation. Grâce à un appareil composé notamment de conduites et d'asperseurs, l'agriculteur peut alimenter ses cultures lorsque les précipitations ne suffisent plus.

Face aux périodes de sécheresse plus fréquentes, irriguer est devenu incontournable pour préserver les récoltes. "On a une société d'irrigation. On arrose avec l'eau du lac de Neuchâtel. Nous sommes 43 adhérents sur quatre secteurs. Pour 1'700 hectares irrigables", résume l'agriculteur.

Sur son exploitation, chaque apport est soigneusement planifié en fonction des besoins des cultures et des conditions météorologiques. Un travail devenu indispensable pour maintenir les rendements. "Ici on est une région à pommes de terre. C'est une culture qui demande tellement de coûts d'implantation que pour assurer celui-ci et un rendement, on est dans la nécessité de pouvoir arroser", explique Florian Moser.

Grâce à cette irrigation et à son expérience, Florian Moser produit chaque année environ 650 tonnes de pommes de terre. Sauf que pour réaliser ce projet, les exploitants ont pris des risques financiers. L'agriculteur et son père par exemple ont fait des emprunts sur 15 ans pour payer leur part. Des aides existent déjà mais c'est une vision plus large que propose le canton.

Planifier et construire

L'investissement de 69 millions de francs d'ici à 2035 sera principalement dédié à la planification et à la construction d'infrastructures collectives. Les projets déjà en cours, représentant environ 66 millions de francs, pourront bénéficier de subventions à fonds perdus: 30% de la part de la Confédération et 35% du canton. Le reste, soit 35%, restera à la charge des exploitants agricoles.

Grangeneuve, de son côté, assurera la coordination technique, la formation et l'accompagnement des exploitants, tandis que le Service de l'environnement du canton (SEn) sera responsable du suivi des ressources et des autorisations de prélèvements.

La Télé / RadioFr. - Benjamin Peiry / Sarah Camporini / Adaptation web: Mattia Pillonel
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