Suspend'us: une réponse à la précarité croissante
L'association Suspend'us propose une palette de biens et de services que chacun peut offrir à des personnes dans le besoin. L'association a aidé 1700 personnes en 2025.

En Suisse, la précarité est bien souvent silencieuse et se cache dans les gestes les plus simples de la vie quotidienne. Touchée par ce constat, l'association Suspend'us a vu le jour il y a cinq ans. Inspirée du concept des cafés suspendus de Naples, elle propose une palette de biens et de services que chacun peut offrir à des personnes dans le besoin.
Pour Sandrine Gervais, directrice de Suspend'us, la solidarité va bien au-delà de l'alimentation. Fleurir une tombe ou aller chez le coiffeur avant un entretien d'embauche sont des moments presque "anodins", mais très compliqués d'accès en situation de précarité, explique-t-elle.
En 2025, l'association a aidé environ 1700 personnes, soit une augmentation de 15% par rapport à l'année précédente. Les montants remboursés aux commerçants partenaires ont, eux, bondi de près de 30% sur la même période.
Un bilan "tristement positif" pour la structure qui s'est professionnalisée au fil du temps. "Si on peut aider de plus en plus de personnes, c'est que la précarité est en augmentation", déplore la directrice. L'association se dit satisfaite de son développement, mais alerte sur une demande désormais plus grande que ses financements, qui proviennent de dons.
Un réseau de 200 commerces
En Suisse, près de 200 commerçants ont rejoint cet élan de solidarité. Depuis quelques mois, l'établissement Chez Tonton Focaceria fait partie du réseau. Une évidence pour Élodie Umaç, propriétaire des lieux: "C'était important pour nous de collaborer avec des acteurs locaux qui partagent nos valeurs. Suspend'us les rassemblait toutes."
Une idée qui séduit de plus en plus de clients dans le canton. "C'est une très belle initiative qui permet d'accompagner dignement les personnes qui en ont besoin", glisse un habitué de la focacceria.
Pour bénéficier de cette solidarité, les bénéficiaires doivent simplement présenter leur carte Caritas ou leur carte Suspend'us aux commerçants, qui sont ensuite remboursés par l'association.
Cette démarche permet d'éviter toute stigmatisation, selon Sandrine Gervais. "Une personne qui veut se rendre chez un commerçant de son village peut le faire en toute discrétion", explique la directrice. Un cercle vertueux qui, selon l'association, permet à la fois de soutenir les personnes précarisées et de réinjecter de l'argent dans l'économie locale.
Voir l'interview de La Télé de Sandrine Gervais, directrice opérationnelle de l'association Suspend'us:


