Le retour des droits de douane

Près de cinq mois après l'annulation de ses premiers droits de douane par la Cour suprême, la Maison Blanche devrait annoncer prochainement de nouvelles surtaxes.

Les Etats-Unis devraient annoncer prochainement de nouvelles taxes douanières à l'encontre de dizaines de pays. Photo: Le président Donald Trump descend les marches d’Air Force One à son arrivée à la base interarmées Andrews, dans le Maryland dimanche dernier. © KEYSTONE/AP/Luis M. Alvarez

Ses services avaient lancé mi-mars des enquêtes sur certaines pratiques commerciales, qu'il s'agisse d'une "surcapacité structurelle" ou l'intégration de matières premières issues du travail forcé dans la fabrication de biens envoyés aux Etats-Unis.

L'objectif pour le gouvernement américain est d'annoncer de nouveaux droits de douane au moment où ceux actuellement en place, de manière temporaire, arriveront à expiration, vendredi.

"On devrait voir du mouvement prochainement", même si "je ne peux pas préciser le calendrier", a déclaré M. Greer lors d'une interview accordée à CNBC.

Ces surtaxes, qui pourraient viser les principaux partenaires commerciaux des États-Unis - dont l'Union européenne (UE)- doivent prendre le relai des droits de douane temporaires de 10% instaurés par Donald Trump, dans la foulée de l'invalidation par la Cour suprême de ceux mis en place l'année dernière.

Fin février, la plus haute juridiction américaine avait annulé une bonne part des droits de douane voulus par le président américain, estimant que ce dernier avait fait une lecture anticonstitutionnelle d'un texte de loi pour les justifier. Ne sont pas concernés les droits de douane sectoriels, visant notamment l'automobile, l'acier, l'aluminium ou le cuivre.

Quarante-cinq pays visés

Donald Trump avait alors annoncé la mise en place de nouveaux droits de douane, se basant sur un autre texte qui ne l'autorisait à appliquer cette surtaxe que pour une durée de 150 jours maximum.

Dans le même temps, l'USTR a lancé une série d'enquêtes qui lui permettent théoriquement de mettre en place ces surtaxes de manière durable.

Pour cela, les services de M. Greer se basent sur la même loi qui permet d'ores et déjà de justifier les droits de douane sectoriels.

Début juin, Jamieson Greer a proposé, à l'issue de ces enquêtes, d'imposer 12,5% à environ 45 pays ayant, selon ses services, échoué à instaurer une interdiction de l'importation de biens issus du travail forcé.

Pour les économies disposant d'une telle interdiction, mais dont les efforts pour l'appliquer sont jugés insuffisants - le Canada, l'Équateur, l'UE, l'Indonésie, le Mexique et le Pakistan -, l'administration Trump propose d'imposer un taux réduit à 10%. Idem pour le Royaume-Uni dont l'interdiction est jugée partielle.

Certaines de ces économies, parmi lesquels l'UE, sont également visées par l'enquête sur les surcapacités industrielles.

Brésil et Canada déjà visés

Le gouvernement américain a d'ores et déjà annoncé une série de droits de douane ces derniers jours: jeudi dernier, le Brésil s'est vu infliger 25% sur une série de produits, Washington reprochant à Brasilia des politiques "déraisonnables" ayant particulièrement touché le commerce américain en "réduisant l'accès à l'un de ses principaux marchés d'exportations", avait alors justifié Jamieson Greer.

Ces surtaxes doivent entrer en vigueur mercredi à 00h01 (06h01 heure suisse).

Lundi, le Canada a été à son tour visé par une surtaxe de 50% supplémentaires, qui doit entrer en vigueur dans un mois, "en réponse au traitement discriminatoire du Canada sur les produits américains".

"C'est une réponse aux mesures de représailles" prises par Ottawa après les premiers droits de douane imposés par Washington en 2025 : "cela fait un an que nous demandons au Canada de les retirer, de les modifier, de les ajuster", a justifié mardi Jamieson Greer.

Mais dans les deux cas, le gouvernement américain a fait évoluer sa stratégie : plutôt que de viser l'ensemble des produits provenant de ces pays, les surtaxes ne concernent qu'une partie d'entre eux.

Les droits de douane sur les produits brésiliens ne visent ainsi qu'environ la moitié des importations provenant du pays sud-américain, soit autour de 11 milliards de dollars selon diverses estimations.

ATS
...