Vingt oppositions contre la couverture Chamblioux-Bertigny

Le projet de couverture de l'A12 entre Fribourg-Nord et Fribourg-Sud suscite des critiques. Il inspire aussi une idée: une télécabine urbaine.

Les coûts de la couverture de ce tronçon de l'A12 sont estimés à environ 200 millions de francs. © fr.ch

Le projet est ambitieux: couvrir le tronçon Chamblioux-Bertigny de l'autoroute A12, sur une distance d'environ 1,2 kilomètre, soit entre les sorties Fribourg-Nord et Fribourg-Sud. Le but de cet ouvrage? Réduire les nuisances sonores provoquées par le trafic, relier les communes aujourd'hui séparées par l'A12, accueillir des espaces verts et faire la part belle à la mobilité douce. Le budget est estimé à près de 200 millions.

Les plans, qui étaient disponibles dans les quatre communes concernées (Fribourg, Granges-Paccot, Givisiez et Villars-sur-Glâne), étaient soumis à consultation publique durant le mois de septembre. Au final, le projet a suscité vingt oppositions, révèle le média "wir Freiburg". Contacté, le DETEC (Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication) confirme cette information.

Forcer l'étude d'une infrastructure

Une de ces oppositions est toutefois plutôt originale. Le conseiller général de la Ville de Fribourg Raphaël Casazza, qui ne s'oppose pas fondamentalement à la couverture, s'inscrit dans une démarche visant à "forcer l'étude d'un projet d'infrastructure visionnaire: une ligne de télécabine reliant le futur P+R de Chamblioux au Marly Innovation Center, en passant par l'hôpital cantonal et la gare de Villars-sur-Glâne", décrit-il dans un communiqué, diffusé mercredi.

Selon ses calculs, il serait possible de faire passer cette ligne sur un tracé de 5km, longeant les corridors autoroutiers et ferroviaires, de manière à ce qu'elle ne survole aucune habitation. En tout, sept arrêts sont envisagés. Le coût de ce réseau est estimé entre 90 et 140 millions de francs, "soit deux à quatre fois moins cher qu'une infrastructure de tramway au sol", avance le conseiller.

Les talus sont vus d'un mauvais œil 

D'autres oppositions ont été déposées par les propriétaires de parcelles voisines, notamment les communes de Granges-Paccot et de Givisiez ainsi que la Bourgeoisie de Fribourg, indique La Liberté. Ces propriétaires sont inquiets concernant les talus bordant la couverture, craignant qu'ils ne compliquent l'entretien et l'exploitation de ces surfaces. La Ville de Fribourg a, elle, fait opposition à cause du tracé de certaines servitudes ainsi que de l'emprise du chantier.

Les Transports publics fribourgeois aussi ont déposé une opposition, afin de "garantir l'accès à notre bâtiment aux entreprises locataires", cite le quotidien fribourgeois. Une convention serait d'ailleurs en cours d'élaboration. Une autre opposition, de la commune de Villars-sur-Glâne, porte sur une "grosse canalisation qui longe l'autoroute et récupère l'eau". En l'état actuel du projet, elle se retrouverait enfouie sous un mur, ce qui compliquerait son entretien.

À noter qu'un collectif de riverains de Matran, l'Association transports et environnement ou encore des habitants de Givisiez ont également posé des questions ou formulé des remarques. Ces différents points seront analysés par l'OFROU (Office fédéral des routes), qui devra se déterminer en particulier sur les oppositions.

Frapp - Xavier Fernandez
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