Adrien Perritaz retrace la victoire de Gottéron en images
Le photographe fribourgeois a capturé la victoire de Fribourg-Gottéron au printemps dernier. Un jour avant le vernissage de son deuxième livre "Gagnants magnifiques", il revient sur ces moments d'euphorie.
Radio Fribourg: Pouvez-vous me présenter votre nouveau livre.
Adrien Perritaz: "Gagnants magnifiques" retrace la victoire de Gottéron. Il suit les playoffs, la finale, les célébrations du titre et les jours qui ont suivi en ville de Fribourg. L'idée était d'immortaliser ces moments. J'ai pleins d'amis qui sont fans de Gottéron mais qui n'ont pas pu être là pour le match à Davos donc le but était de réussir à avoir la meilleure vue d'ensemble de cet évènement historique.
Est-ce que vous pouvez nous parler de votre état d'esprit à ce moment-là?
Il y avait beaucoup d'émotions. Je me rappelle que quand il y a eu le but décisif à Davos, j'étais presque en état de choc. Je ne réalisais pas ce qu'il se passait et je n'ai même pas crié. J'étais sans voix. Je me suis juste concentré pour capter ce moment et je me suis dit qu'il y aurait de la place pour extérioriser mes émotions après. J'ai juste sauté sur la glace le plus vite possible pour aller au plus proche des joueurs. C'est là qu'il y a des joueurs que je connais depuis des années, par exemple Nathan Marchon, qui m'a sauté dessus en me disant "on est champion, on est champion". Dans un deuxième temps, il y a eu le retour à Fribourg à 5 heures du matin quand tu vois cette foule de gens. C'est là que j'ai pu laisser sortir mes émotions et que quelques larmes de joie ont coulé.
Dans ce genre de moments, il se passe souvent des choses assez extraordinaires. Est-ce que vous vous rappelez de moments intenses que vous avez capturés?
Des moments extraordinaires, il y en a eu plein donc c'est difficile d'en choisir un. J'ai fait un livre de 208 pages, mais si j'avais pu, j'aurais fait 100 pages de plus parce qu'il y avait tellement de choses qui se sont passées. Quand j'ai commencé à filmer Gottéron, j'avais un petit rêve qui était de fumer le cigare de champion avec Sprunger et Bykov. Ce moment dans les vestiaires, c'était assez marquant pour moi.
Et les joueurs, comment ils réagissaient en vous voyant avec votre appareil?
Ma relation de confiance avec les joueurs s'est construite depuis plus de 10 ans. A Fribourg, on a un noyau dur de joueurs fribourgeois que je connais depuis que je suis adolescent. Le fait que je photographie le club depuis plus de 10 ans, ça m'a donné une certaine légitimité pour photographier ce premier titre. Je pense qu'ils sont aussi très contents d'avoir ces souvenirs.
Est-ce que les joueurs ont reçu le livre?
Les joueurs vont voir le livre juste avant le vernissage. J'ai fait une édition spéciale pour chacun d'entre eux. Chaque joueur aura un livre avec sa photo sur la couverture aussi pour que ça leur fasse un bon souvenir de cette épopée.
Comment vous y êtes-vous pris pour prendre ces photos?
Dans un évènement comme ça, il se passe toujours plein de choses en même temps donc on essaie d'être concentré. Je ne suis pas dans l'optique de faire des images pour faire des images et qu'au final, rien ne soit exploitable. Je préfère prendre un peu de temps, me concentrer pour avoir une belle image, quitte à rater quelque chose qu'il se passe à côté.
Est-ce que vous avez loupé certains moments que vous auriez adoré capturer?
On ne peut pas être partout à la fois. Le lendemain du titre, les joueurs sont arrivés à Fribourg à 5 heures du matin. Il y a eu l'arrivée avec la coupe sur la scène que j'ai photographiée. J'ai traité des images pour les partager sur les réseaux sociaux et aussi fait la fête avec eux dans les vestiaires. Je suis rentré chez moi pour décharger mes cartes mémoire, recharger mes batteries d'appareil photo et dormir pendant une heure. Directement après, je suis retourné en ville pour les rejoindre au Belvédère. En l'espace d'une heure trente, j'ai raté le moment où ils se promenaient en ville avec la coupe dans un caddie. Si j'avais su, je ne serais pas retourné chez moi pour charger mes batteries. C'est comme ça.
Vous attendez quoi de cette finale aujourd'hui?
Je suis super heureux et reconnaissant d'avoir pu vivre ça de l'intérieur. Ça fait super plaisir quand je croise des gens dans la rue qui me parlent de ça. C'était le but de ce livre de pouvoir garder une trace et de pouvoir revivre ces moments à l'infini.
Entre la finale et le vernissage, vous avez suivi plusieurs étapes. Parlez-nous du travail derrière la sortie de ce deuxième ouvrage.
Durant ces jours, j'ai fait énormément d'images donc il y a eu un gros travail de tri, avant même la retouche. Pour le livre, j'ai voulu faire un ordre chronologique. Nonante pourcent des images ont été prises entre le but décisif et la fête. Pour qu'on puisse vraiment se replonger dedans, on commence avec des images des supporters qui campent devant la patinoire pour avoir des billets. Après, on a l'élimination de Genève et finalement l'apogée avec la finale à Davos. C'était un travail de sélection car dans un livre comme ça, on ne peut pas mettre toutes les images.
Dans votre manière de travailler, qu'est-ce qui change entre votre premier livre et celui-ci?
Dans le premier livre, c'était un condensé de mes images préférées sur 10 ans donc c'était un gros travail de recherche dans mes archives. Pour le séquençage du livre, c'était difficile de raconter une histoire avec des images réparties sur 10 ans. Concernant les images, elles étaient différentes. Dans ce nouveau livre, les images sont plus documentaire. On voit l'histoire visuelle de Fribourg-Gottéron.
C'est quoi votre image préférée dans ce livre?
C'est dur à dire et c'est vrai qu'elle change chaque jour. Je dirais presque celle de Julien Sprunger avec la coupe et le cigare. C'est peut-être pas esthétiquement la plus belle, mais pour toute sa symbolique, je choisirais celle-ci.

C'est quoi la suite pour vous maintenant?
Je vais continuer de faire de la photographie. J'aimerais continuer de raconter des histoires avec mon regard dans le sport mais aussi dans d'autres milieux. Avec Gottéron, on verra si ça continue ou pas.
"Gagnants Magnifiques", Adrien Perritaz, 208 pages. Disponible en précommande ici.


