Adrien Perritaz: "Je ne photographierai plus Gottéron"

Après douze ans, deux livres et des milliers de clichés, le Fribourgeois a appris qu'il ne sera plus photographe du club.

Adrien Perritaz n'a pas toujours eu du matériel de "pro". Il a commencé il y a douze ans avec un Nikon Coolpix offert par son parrain. © Titouan Bessire

Il était une de ces personnes de l'ombre qui faisait vivre et briller Fribourg-Gottéron. De l'ombre, un peu moins depuis la publication de deux livres consacrés au club fribourgeois, "Perdants magnifiques" puis "Gagnants magnifiques", au cours des derniers mois. Mais Adrien Perritaz ne photographiera plus Gottéron. Une annonce simple, publiée sur ses réseaux sociaux, mais qui en a surpris plus d'un. "Une décision qui ne m'appartient pas", écrit le photographe, sans en dire davantage sur les raisons de cet arrêt brutal. Mais il glisse toutefois qu'il ne regrette pas d'être allé au bout de ses idées et de ses projets de livres. Comprenne qui voudra.

En douze ans, Adrien Perritaz aura assisté à des centaines de matchs, pris en photos des milliers d'actions, de la patinoire St-Léonard quasi vides aux travées d'une BCF Arena bouillonnante, avec en point d'orgue le titre tant attendu gagné en avril dernier. Un parcours de photographe qui aura pratiquement débuté avec des photos "trop artistiques".

Des photos pour les galeries d'art

Au début, Adrien Perritaz commence avec des photos de sport assez classiques, explique-t-il. "Mais comme je suis quelqu'un qui se lasse assez vite, j'ai eu envie d'apporter un regard différent." En découle une variété de photos: polaroïds, argentiques, des flous... Ce qui ne passe pas toujours. On lui reproche parfois que ses images appartiennent plus à une galerie d'art qu'à un évènement sportif. "Mais j'ai persévéré et j'ai bien fait. Même des personnes qui n'ont jamais été à un match m'écrivent pour me féliciter." Et le nombre de messages qu'a reçu Adrien Perritaz a explosé depuis son annonce sur les réseaux sociaux.

"Je n'ai jamais reçu autant de messages." Des joueurs, des anciens sportifs, des anonymes... ils sont des centaines à avoir écrit au photographe pour le remercier et le féliciter. D'autres journalistes et des responsables médias d'autres clubs en Suisse ou à l'étranger l'ont même invité à venir assister et photographier des matchs. Un soutien auquel ne s'attendait pas forcément Adrien Perritaz.

Douze années inoubliables

Le premier titre à la Coupe Spengler à Davos, Adrien Perritaz s'en souviendra toute sa vie. Le moment où Julien Sprunger soulève la première coupe de l'histoire de Fribourg-Gottéron restera gravé dans sa mémoire.

Et, forcément, le titre de champion restera indélébile. Dans cette même station grisonne, au moment où Lukas Wallmark marque et délivre tout un canton, Adrien Perritaz saute sur la glace pour photographier et célébrer.

J'en ai encore des frissons. Vivre ça en tant que supporter et de pouvoir le voir en tant que photographe, c'était fou.

Avec toute la fête qui s'en est suivie, des clichés, il en a tirés des centaines. Une journée et une période inoubliables.

La suite à écrire

Gottéron, c'est terminé. Mais rassurez-vous, Adrien Perritaz ne va pas s'arrêter. Photographe indépendant depuis trois ans, il a plein d'autres projets en parallèle. Et non, il ne va pas s'engager avec le Lausanne Hockey Club, comme certaines rumeurs le murmurent. "Avec du recul, je suis fier d'avoir cru en moi et d'être allé au bout de ma passion. Sans formation à la base, je n'aurais pas cru pouvoir vivre de ma passion un jour." La fin avec Gottéron est certes un peu amère, mais Adrien Perritaz ne regrette rien.

RadioFr. - Hugo Savary
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