Des batraciens en masse sur les routes
Les pluies de jeudi dernier ont provoqué un phénomène rare: une migration massive de batraciens en automne.

Après un été caniculaire et un mois de septembre particulièrement sec, une pluie abondante s'est abattue jeudi dernier sur le canton de Fribourg. Très attendue par les agriculteurs et la nature en général, cette eau tombée du ciel était également très espérée par de petites créatures tapies dans l'ombre: les batraciens. Ainsi, après le coucher du soleil, des centaines d'entre eux se sont précipités sur les routes, à proximité des zones de reproduction, notamment en Veveyse.
De telles scènes sont assez habituelles entre la fin de l'hiver et le début du printemps. "La très grande majorité de nos amphibiens hibernent à terre, le plus souvent en forêt. À partir de la mi-février ou fin février, lors de nuits pluvieuses, ces animaux sortent de leurs quartiers d'hiver et entreprennent une migration vers un plan d'eau afin de s'y reproduire", explique Adrian Aebischer, correspondant pour le canton de Fribourg du Centre de coordination pour la protection des amphibiens et des reptiles de Suisse.
De nombreux individus écrasés sur la route
Le problème est que, "à bien des endroits, on a construit des routes entre les quartiers d'hiver et les sites de reproduction. Ainsi, d'innombrables amphibiens se font écraser", déplore Adrian Aebischer. Les deux espèces les plus concernées dans le canton sont le crapaud commun et la grenouille rousse. Et Adrian Aebischer de souligner: "La plupart des individus de ces espèces migrent presque en même temps, ce qui rend les concentrations encore plus visibles".
Les migrations massives sont toutefois nettement moins fréquentes en automne. En effet, certains batraciens entament la première étape de leur migration vers les sites de reproduction déjà en cette période de l'année. "Ils quittent leur quartier d'été et s'approchent un peu des plans d'eau avant d'hiberner à terre, quelque part entre le quartier d'hiver et le site de reproduction. La deuxième étape de leur migration est parcourue en fin d'hiver", poursuit Adrian Aebischer. Mais cette semi-migration automnale, qui a lieu chaque année, s'étale normalement sur une plus longue période, ce qui la rend difficilement détectable.
Ils sortent tous en même temps
Or, les amphibiens n'aiment pas les périodes de sécheresse et préfèrent migrer sous la pluie, de nuit. "Si une sécheresse de plusieurs semaines les empêche de migrer, il arrive que d'innombrables individus sortent la première nuit de pluie. Ainsi, fin septembre ou en octobre, lors d'une nuit pluvieuse, on peut à nouveau constater des concentrations d'amphibiens sur les routes", explique Adrian Aebischer. Et c'est exactement ce qui s'est produit jeudi dernier.


